Au lendemain de la création du Front pour la refondation de la nation (FRN), porté par l’ancien président Joseph Kabila à Goma, Prince Epenge, président d’ADD Congo et porte-parole de Lamuka, a défendu la posture de Martin Fayulu, dont le silence suscite des interrogations dans l'opinion, marquée par le contexte politique et sécuritaire actuel en République démocratique du Congo (RDC).
S’exprimant lors d’un point de presse, organisé ce jeudi 15 octobre à Kinshasa, l'opposant au régime Tshisekedi a appelé à la patience, affirmant que «le président élu», Martin Fayulu, s’est déjà exprimé à plusieurs reprises sur les crises que traverse le pays. Il a encore annoncé une prochaine prise de parole de ce dernier qui devrait, selon lui, clarifier davantage sa position.
« Fayulu vous a déjà tout dit. Je ne sais pas pourquoi vous voulez qu’il parle à nouveau », a déclaré Prince Epenge, invitant les uns et les autres à consulter les archives des précédentes interventions de l’opposant plutôt que de se limiter à l’actualité immédiate.
Pour le porte-parole de Lamuka, Martin Fayulu n'a jamais fui ses responsabilités, et qu'il demeure attaché à la défense des intérêts du Congo.
« Le président élu Martin Fayulu ne s’est jamais dérobé face à ses responsabilités. Fayulu est né pour le Congo, pour défendre le Congo », a-t-il soutenu, tout en demandant aux responsables de la C64 et de Lamuka de faire preuve de patience.
Dans la foulée de son intervention, Prince Epenge a réaffirmé son opposition au recours aux armes comme moyen de résoudre la crise congolaise. En revanche, il a également dénoncé toute perspective de changement de la Constitution, considérant ces deux options comme des voies susceptibles de compromettre la stabilité du pays.
« La voie des armes est une voie sans issue, tout comme celle du changement de la Constitution, qui est une voie suicidaire. Fayulu n’acceptera jamais qu’un seul Congolais perde la vie pour la gloire d’un individu », a-t-il déclaré.
Face à cette situation, le responsable d’ADD Congo plaide pour l’organisation d’un dialogue national inclusif, qu’il présente comme une voie de sortie de crise et un moyen de préserver l’unité nationale.
« Nous devons nous dépasser pour trouver la voie d’un véritable dialogue national inclusif. C’est la seule façon de sauver l’unité du Congo », a-t-il insisté, réaffirmant son attachement à un Congo « un, uni et indivisible ».
Pour Prince Epenge a, par ailleurs, c'est bien Martin Fayulu qui aurait pu choisir la voie des armes, mais qu’il s’en est abstenu par amour pour le peuple congolais et son pays.
« Ce n’est pas parce qu’il manque de courage, mais parce qu’il aime profondément son peuple et sa terre », a-t-il souligné.
La création du FRN autour de Joseph Kabila à Goma relance les débats sur les voies de sortie de la crise politique et sécuritaire en RDC. Entre le recours à la lutte armée et les appels au dialogue, les différentes prises de position continuent de mettre en lumière les divergences sur les mécanismes à privilégier pour parvenir à une solution durable.
Samyr LUKOMBO