Hubert Tshiswaka Masoka, directeur général de l’Institut de recherche en droits humains (IRDH), structure de la société civile basée dans la région du Katanga, a condamné vendredi à Lubumbashi le recours à la violence armée contre son propre pays. Dans une mise au point adressée à l’ancien président de la République, Joseph Kabila, il a plaidé pour le règlement pacifique des contradictions politiques, estimant que les rivalités pour la conquête du pouvoir ne peuvent justifier la destruction des infrastructures et des biens de la population.
« Rien ne peut justifier la violence contre son peuple, rien ne peut justifier la violence dirigée contre sa propre nation », a déclaré Hubert Tshiswaka Masoka, insistant sur la nécessité de distinguer les affrontements politiques des actes de violence qui exposent les populations aux conséquences des conflits armés.
Pour cet acteur de la société civile, la contradiction constitue une dimension inhérente à la vie politique. Les divergences, les rivalités et les tiraillements entre acteurs politiques font partie de la lutte pour le pouvoir, mais ils ne devraient pas conduire à prendre les armes contre son propre pays.
« La politique est faite pour les intelligents, la nature même de la politique, c'est la contradiction, ce sont des tiraillements. Jamais un politicien ne vous laissera tranquille pour prendre le pouvoir », a-t-il soutenu.
Hubert Tshiswaka Masoka a également mis en avant les conséquences de la violence armée sur les conditions de vie des citoyens, rappelant que la population aspire avant tout à vivre en paix et à bénéficier de ses infrastructures.
« Et nous, la population que vous gérez, nous avons besoin de vivre. Si vous prenez des armes, vous viendrez détruire nos maisons, nos villes et nos routes », a-t-il averti.
Dans son argumentaire, il a contesté l'idée selon laquelle la lutte armée serait l'unique moyen de se faire entendre ou de parvenir à une solution politique. Il a notamment évoqué les rivalités entre les démocrates et les républicains aux États-Unis, ainsi que les tensions politiques en Afrique du Sud, pour illustrer la possibilité de gérer des divergences sans recourir à la violence armée.
« Si cela est le cas, c'est que le monde entier serait en guerre », a-t-il fait observer, rejetant ainsi la justification de la violence par l'existence de désaccords politiques.
Joseph Kabila, président honoraire de la RDC a pris, depuis Goma au Nord-Kivu, la tête d’une nouvelle coalition politico-militaire qui revendique le recours à la force contre le pouvoir de Kinshasa. L’annonce de sa création a été faite le 12 octobre dernier.
José Mukendi