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L’ADD Congo accuse Augustin Kabuya de tentative d’« achat de conscience » de la famille de Manassé Lomboto tué lors de la marche de l’opposition

Prince Epenge, porte-parole de Lamuka

En attendant les conclusions de l’enquête sur les circonstances de la mort de Manassé Lomboto, chargé de sécurité de l’opposant Prince Epenge, tué lors de la marche de la coalition C64 en septembre dernier à Kinshasa, le parti politique Alliance démocratique du Congo (ADD Congo) accuse Augustin Kabuya, secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), de tentative d’« achat de conscience » et de trafic d’influence auprès de la famille biologique de l’infortuné.

Dans un communiqué, cette formation politique de l’opposition dénonce la réception, qu’elle qualifie de secrète, de la famille biologique de Manassé Lomboto par Augustin Kabuya, lundi dernier, dans son bureau privé situé sur l’avenue Shaumba, dans la commune de la Gombe. Cette rencontre serait intervenue alors que l’autopsie annoncée de la dépouille, toujours conservée à la morgue, n'a pas encore été réalisée.

« Alors que depuis 20 jours l'autopsie promise par réquisition du Parquet n'a jamais été effectuée et que les enquêtes sont au point mort, M. Kabuya, pourtant visé par la plainte de la C64, convoque en catimini la famille biologique de la victime », dénonce l’ADD Congo.

Le parti de Prince Epenge considère cette rencontre comme une possible tentative de dissimulation de preuves, d’intimidation, d’achat de conscience et de trafic d’influence. Il affirme, par ailleurs, que la famille biologique de son ancien responsable de sécurité serait actuellement soumise à des pressions de la part de l’UDPS.

Prenant l’opinion publique à témoin, l’ADD Congo réclame une enquête rapide et indépendante afin que les circonstances de la mort de Manassé Lomboto soient établies et que les éventuelles responsabilités soient déterminées.

Manassé Lomboto est décédé après avoir été blessé lors de la marche organisée le 15 septembre à Kinshasa par la coalition C64, qui s’oppose à toute initiative de changement de la Constitution susceptible de favoriser un troisième mandat de Félix Tshisekedi. Ses obsèques, initialement prévues à la fin du mois de septembre, ont été perturbées par une décision judiciaire ordonnant le maintien de la dépouille à la morgue de l’hôpital du Cinquantenaire, alors que ses proches et des responsables de l’opposition s’étaient mobilisés pour la levée du corps. Cette situation a provoqué des tensions sur place, l’opposition dénonçant les mesures prises pour empêcher le retrait de la dépouille. Depuis, l’autopsie annoncée et les conclusions de l’enquête sur les circonstances de sa mort restent attendues.

Samyr LUKOMBO