Les experts de l’ONU sur la République démocratique du Congo décrivaient, dans leur rapport daté du 11 juin 2026, une rébellion AFC/M23 comptant environ 30 000 éléments et capable de mener des opérations simultanées sur plusieurs fronts avec le soutien de l’armée rwandaise. Le mouvement conservait, selon eux, l’objectif de renverser le gouvernement congolais, malgré des divergences internes sur l’expansion des opérations au-delà des deux Kivu.
Dans ce document, les experts indiquaient que l’AFC/M23 poursuivait des objectifs politiques, économiques et militaires : étendre et consolider son contrôle territorial, enraciner des structures de gouvernance parallèles et obtenir une reconnaissance officielle par les négociations.
Le renversement du gouvernement demeurait son objectif ultime. À titre d’alternative, le mouvement envisageait l’établissement d’une région autonome dans l’est de la RDC, selon le rapport.
Ses dirigeants continuaient également de réclamer une « République fédérale du Congo ». Revenant sur une précédente demande d’intégration de leurs combattants dans les Forces armées de la RDC (FARDC), ils proposaient que l’AFC/M23 construise et dirige les forces armées de cet État fédéral.
Sur le terrain, les experts relevaient une augmentation de plus de 35 % de la superficie des territoires occupés depuis le lancement du processus de Doha en mars 2025 jusqu’à la rédaction du rapport. Ils décrivaient des opérations intensifiées dans le but de prendre Walikale, Kisangani, Kalemie et Beni, sans présenter ces objectifs comme des conquêtes toutes réalisées.
La force de combat du mouvement était estimée à environ 30 000 éléments. Ce chiffre regroupait le noyau historique du M23 et les recrues mobilisées depuis 2021, dont des milliers d’éléments issus des FARDC, de la police et des Wazalendo, capturés ou volontaires après la chute de Goma.
L’AFC/M23 avait mené des opérations ciblées et simultanées sur plusieurs fronts au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, avec des armes et des technologies de pointe grâce au soutien jugé essentiel des Forces de défense rwandaises, selon les experts.
Cette puissance militaire s’accompagnait toutefois de tensions internes. Alors que Corneille Nangaa et Joseph Kabila ambitionnaient de prendre le pouvoir à Kinshasa, la plupart des dirigeants du M23 s’opposaient à des opérations militaires au-delà du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, indiquait le rapport.
Les experts relevaient aussi des conflits entre responsables autour de l’accès aux ressources et de leur répartition, ainsi qu’un taux élevé de désertions, principalement parmi les personnes recrutées de force.
Le document évoquait enfin une réorganisation profonde de la direction et de la structure du mouvement, comprenant un changement de nom. Selon plusieurs sources citées par les experts, Joseph Kabila devait y occuper des fonctions de premier plan. Le rapport ne précisait ni le futur nom de cette organisation ni son organigramme.
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