L’utilisation croissante de drones explosifs, les tirs d’artillerie dans des zones densément peuplées et l’intégration de l’intelligence artificielle dans les opérations militaires aggravent les risques encourus par les enfants dans les conflits armés, alerte un rapport des Nations unies.
En 2025, l’ONU a vérifié 38 558 violations et violations graves ayant touché 24 174 enfants, soit le niveau le plus élevé enregistré depuis la création du mandat des Nations unies sur les enfants et les conflits armés.
Le nombre d’enfants tués a augmenté de 34 % et celui des enfants atteints dans leur intégrité physique de 10 %, selon le document de la représentante spéciale du secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, Vanessa Frazier.
Les frappes aériennes, les tirs d’artillerie et le recours croissant à des drones équipés d’explosifs ont touché des quartiers résidentiels, des sites accueillant des personnes déplacées, des écoles et des hôpitaux, relève le rapport.
Des enfants ont également été victimes de ces armes alors qu’ils fuyaient les combats, cherchaient de la nourriture, de l’eau ou des soins médicaux. D’autres ont subi des handicaps permanents après avoir traversé des zones contaminées par des mines ou des restes explosifs de guerre.
L’ONU s’inquiète également de l’intégration progressive de l’intelligence artificielle dans les processus de ciblage. Dans plusieurs conflits, des attaques par drones commandées à distance auraient été menées avec un contrôle humain limité.
Le recours à des systèmes assistés par l’intelligence artificielle pour sélectionner des cibles augmente notamment le risque d’erreurs fondées sur des données incomplètes ou peu fiables dans des contextes instables, avertit le document.
La représentante spéciale demande que l’utilisation des systèmes sans pilote et de l’intelligence artificielle reste soumise à un contrôle humain et à des mécanismes permettant d’établir les responsabilités.
Elle appelle également les parties aux conflits à ne pas employer d’armes explosives à large rayon d’impact dans les zones habitées et à renforcer le déminage ainsi que la sensibilisation des enfants aux dangers des engins explosifs.
La République démocratique du Congo figure parmi les pays les plus touchés par les violations graves contre les enfants, avec 4 114 cas vérifiés en 2025, derrière Israël et le Territoire palestinien occupé, qui en totalisent 12 445.
Le rapport ne précise toutefois pas quelle part des violations recensées en RDC est directement liée aux drones, à l’artillerie ou à l’intelligence artificielle. Ces alertes technologiques portent sur les tendances observées à l’échelle mondiale.