Traversée par le fleuve Congo et dotée d’un immense réseau de rivières et de lacs, la RDC reste peu visible dans les systèmes internationaux de partage des observations hydrologiques, alors que les inondations y deviennent récurrentes.
Dans son rapport sur l’état des ressources mondiales en eau en 2025, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) classe la RDC parmi les pays sévèrement frappés par les inondations pendant trois années consécutives.
À Kinshasa, les crues soudaines, le débordement de la rivière Ndjili et les glissements de terrain ont fait au moins 165 morts en avril 2025. Plus de 7 000 personnes ont été déplacées et plus de 60 000 autres affectées, selon le document.
Mais la RDC ne figure pas dans la liste des pays dont les conseillers hydrologiques ou points focaux nationaux ont contribué à la préparation du rapport en fournissant des observations ou des informations sur les événements survenus en 2025. Le Rwanda voisin figure, lui, parmi les contributeurs.
Cette absence ne signifie pas que la RDC ne dispose d’aucune donnée hydrologique. Elle indique cependant que les données nationales congolaises n’ont pas été recensées parmi les contributions présentées par l’OMM pour cette édition.
Pour suivre les territoires où les observations au sol sont rares ou inexistantes, l’organisation s’appuie également sur des modèles hydrologiques mondiaux, les satellites et les bases de données de partenaires internationaux.
Ces outils permettent d’observer l’évolution des grands bassins, des lacs, de l’humidité des sols ou des réserves d’eau. Ils ne remplacent cependant pas entièrement les stations locales nécessaires pour mesurer précisément le débit d’une rivière, surveiller une montée des eaux ou déclencher une alerte adaptée à un quartier exposé.
L’OMM reconnaît que l’Afrique et l’Asie restent parmi les régions les moins représentées dans son dispositif d’observation hydrologique, malgré une forte progression du nombre de pays et de stations couverts au cours des cinq dernières années.
Ce déficit contraste avec le poids des catastrophes. L’Afrique et l’Asie ont concentré près de la moitié des événements extrêmes liés à l’eau et plus de 80 % des décès associés recensés entre 2021 et 2025.
L’organisation appelle à renforcer le partage de données ouvertes et actualisées, qu’elle juge indispensable à la surveillance des risques, aux prévisions et aux systèmes d’alerte précoce.
Le rapport ne permet toutefois pas d’établir l’état exact du réseau de stations hydrologiques en RDC ni la quantité de données effectivement collectées par les services congolais. Une évaluation nationale reste nécessaire pour déterminer si le principal problème réside dans l’absence de mesures, leur qualité ou leur faible partage.