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RDC: l’ONU recense 4 400 violations des droits humains entre janvier et septembre 2026 et au moins 1 080 victimes de violences sexuelles entre juin 2025 et mai 2026

Photo ACTUALITÉ. CD

La persistance des violations des droits humains dans l’Est de la République démocratique du Congo se poursuit notamment dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri alors que les initiatives diplomatiques, notamment celles de Washington qui prend en charge la crise entre Kinshasa et Kigali et de Doha, entre Kinshasa et l’AFC/M23 avec l’appui de l’Union africaine, peinent à produire les résultats escomptés. Dans le même temps, la rébellion de l’AFC/M23 appuyée par le Rwanda continue d’occuper et d’administrer de vastes pans de territoire dans l’Est de la RDC

La situation a été évoquée vendredi 2 octobre 2026 à Genève en Suisse lors du dialogue interactif renforcé sur le rapport du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme consacré à la RDC à l’occasion de la 63e session du Conseil des droits de l’homme. Dans son intervention, la Haut-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l’homme Awa Dabo, a indiqué que le Bureau des Nations Unies aux droits de l’homme en RDC avait recensé, entre le 1er janvier et le 15 septembre 2026, environ 4 400 violations des droits humains dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri

« Entre le 1er janvier et le 15 septembre 2026, notre [Bureau] a recensé environ 4 400 violations des droits humains dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, touchant quelque 9 500 victimes. Ces violations comprennent des homicides illégaux, des restrictions aux libertés civiques et des violations du droit international humanitaire », a déclaré la Haut-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l’homme Awa Dabo

À ce tableau préoccupant, la Haut-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l’homme, Awa Dabo, a également accordé une attention particulière à la situation des violences sexuelles liées aux conflits dont les principales victimes sont les femmes et les enfants.

« La fréquence des violences sexuelles liées aux conflits est particulièrement préoccupante. Entre le 1er juin 2025 et le 31 mai 2026, notre Bureau a recensé au moins 1 080 victimes de violences sexuelles liées aux conflits dans tout le pays, principalement des femmes et des enfants. Cela représente près de trois victimes recensées de violences sexuelles par jour, et les chiffres réels sont probablement bien plus élevés » a-t-elle déploré dans son discours

Selon Awa Dabo, les groupes armés sont responsables de 74 % des victimes recensées. La responsable des Nations Unies a également décrit les circonstances dans lesquelles certaines femmes et filles ont été victimes de ces violences

« Les groupes armés seraient responsables de 74 % des victimes. Des femmes et des filles ont été attaquées alors qu'elles vaquaient à leurs occupations quotidiennes : chez elles, dans leurs champs, dans la brousse et le long des routes. Ces crimes doivent cesser. Les victimes ont besoin de soutien et de protection. Et les responsables doivent être tenus pour responsables » a insisté la Haut-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l’homme Awa Dabo

Pour la Haut-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l’homme, Awa Dabo, il est possible d’établir les responsabilités, même en temps de guerre. À l’appui de son argumentaire, elle est revenue sur la collaboration entre le Bureau des Nations Unies aux droits de l’homme en RDC et les autorités judiciaires congolaises

« Avec l’appui de notre Bureau, les autorités judiciaires ont mené cinq missions d’enquête conjointes et tenu huit audiences mobiles sur des allégations de violences sexuelles liées au conflit. Ces actions ont abouti à la condamnation de 161 membres des forces armées congolaises et de 30 membres de groupes armés, entre autres. L’identité de 620 femmes victimes et témoins a été protégée durant les procès. Les autorités doivent s'appuyer sur ces mesures, et notre Bureau est prêt à les aider » a affirmé la responsable des Nations Unies

Alors qu’au lendemain de l’occupation des villes de Goma (Nord-Kivu) et de Bukavu (Sud-Kivu) par la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, les processus de Washington, sous l’égide des États-Unis d’Amérique, visant à prendre en charge la crise entre Kinshasa et Kigali, et de Doha, sous l’égide de l’État du Qatar, consacré aux discussions entre Kinshasa et l’AFC/M23 avaient suscité de l’espoir quant au rétablissement de la paix dans l’Est de la RDC plus d’une année après, la réalité sur le terrain est loin de répondre aux attentes des populations de cette partie du pays, des dirigeants congolais et des partenaires de la RDC

Si des avancées sont généralement enregistrées sur le papier, elles peinent encore à se concrétiser sur le terrain. Cette situation préoccupe au plus haut point les partenaires du gouvernement congolais, qui ne cessent d’appeler les différentes parties à honorer leurs engagements

Clément MUAMBA


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