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Kongo Central : Mole Groupe veut changer d’échelle dans la filière cacao avec un réseau de plus de 2 000 producteurs

Photo d'illustration

Dans le territoire de Tshela, au Kongo Central, la filière cacao connaît une nouvelle dynamique. Alors que l’Est de la République démocratique du Congo demeure historiquement l’un des principaux pôles de production cacaoyère du pays, une activité structurée se développe également dans l’ouest, portée notamment par Mole Groupe. Depuis plusieurs années, l’entreprise travaille à mettre en place une chaîne d’approvisionnement destinée à mieux organiser la production locale et à rapprocher les producteurs du Kongo Central des marchés internationaux.

Nganda-Tsundi, au cœur de la chaîne de production

Le site de Nganda-Tsundi constitue l’un des principaux maillons de cette stratégie. L’entreprise y organise progressivement différentes étapes de la chaîne de valeur du cacao, depuis l’approvisionnement auprès des producteurs jusqu’à la préparation des fèves destinées à la commercialisation. Fermentation, séchage, préparation et contrôle de la qualité sont ainsi intégrés au dispositif afin de renforcer la valorisation du cacao produit dans cette partie de la République démocratique du Congo. 

Selon les données communiquées à ACTUALITE.CD jeudi 1er octobre 2026 par Mole Groupe, son réseau rassemble aujourd’hui plus de 2 000 producteurs réunis au sein de sa coopérative. L’entreprise annonce par ailleurs une capacité annuelle de production pouvant atteindre 3 500 tonnes de fèves de cacao sur son site de Nganda-Tsundi. Des chiffres qui donnent désormais une autre dimension aux ambitions de l’entreprise dans la filière.

Du producteur au marché international

La stratégie développée par Mole Groupe repose d’abord sur la maîtrise de l’amont. Selon les données communiquées par l’entreprise, 99 % du cacao qu’elle achète en RDC provient directement de son réseau coopératif. Selon l'entreprise, cette organisation permet de réduire le nombre d’intermédiaires, mais surtout de conserver davantage de visibilité sur l’origine des fèves et les conditions dans lesquelles elles ont été produites. Une question devenue particulièrement importante dans un marché international où les acheteurs exigent désormais davantage d’informations sur la provenance des matières premières agricoles.

Mais la traçabilité ne suffit pas

Une fois récoltée, la fève doit encore être correctement fermentée, séchée, contrôlée et stockée avant de pouvoir répondre aux exigences commerciales des acheteurs internationaux. À Nganda-Tsundi, précise la source citée, Mole Groupe a ainsi développé un dispositif consacré à cette phase déterminante de la chaîne de valeur.

L’entreprise mise notamment sur l’amélioration des méthodes de fermentation, le séchage des fèves et la formation des producteurs locaux afin de renforcer progressivement la régularité de la qualité.

« Acheter du cacao est une chose. Être capable de construire un approvisionnement régulier, d’assurer la qualité des fèves et de répondre aux exigences d’un client international en est une autre. Notre travail dans le Kongo Central consiste précisément à structurer cette chaîne, du producteur jusqu’à l’exportation. » a expliqué Gandi Mole, Directeur Général de Mole Groupe

Le Kongo Central, autre territoire du cacao congolais

En RDC, rappelle Mole Groupe, la filière cacao est encore largement associée dans l’opinion aux provinces de l’Est du pays. Pourtant, a-t-il fait remarquer que le Kongo Central possède lui aussi une histoire et un potentiel cacaoyers. Les caractéristiques climatiques de certaines zones de la province permettent la culture du cacao et offrent à la région la possibilité de développer davantage cette filière.

Pour Mole Groupe, cette relative discrétion constitue justement une opportunité. C'est dans ce contexte souligne son dirigeant, l’entreprise veut contribuer à faire émerger le Kongo Central comme une origine plus visible sur le marché du cacao et développer depuis Tshela une plateforme capable de regrouper des volumes croissants destinés à l’exportation.

« Nous voulons démontrer qu’il existe également dans l’ouest de la RDC un véritable potentiel cacao. Le Kongo Central peut construire sa propre place dans cette industrie. Notre ambition est que Mole Groupe participe fortement à cette évolution. » a affirmé Gandi Mole

Des producteurs aux grands acheteurs internationaux

Cette stratégie ne s’arrête pas aux portes du site de production. Son dirigeant rappelle que Mole Groupe développe parallèlement ses activités de négoce international afin de connecter sa chaîne d’approvisionnement congolaise à des acheteurs présents sur les marchés extérieurs. À l'en croire, l’entreprise a notamment développé une nouvelle relation commerciale avec Olam dans le cacao, qui fait désormais partie de ses clients.

Pour Mole Groupe, travailler avec des contreparties internationales de cette dimension représente également une exigence supplémentaire : les volumes doivent être disponibles, les spécifications contractuelles respectées, la qualité contrôlée et la logistique maîtrisée.

C’est précisément cette combinaison entre présence sur le terrain et accès au marché international que l’entreprise entend renforcer.

« Le véritable test arrive lorsque votre cacao doit répondre au cahier des charges d’un acheteur international. C’est là que la qualité, la régularité et l’organisation prennent tout leur sens. Chaque contrat nous pousse à renforcer davantage notre chaîne d’approvisionnement. » a fait savoir Gandi Mole

Une ambition désormais clairement affichée

D'après son dirigeant, Mole Groupe ne cache plus son objectif : devenir l’un des principaux opérateurs du cacao dans le Kongo Central.

Mais plutôt que de revendiquer dès aujourd’hui une position de numéro un, l’entreprise entend construire ce leadership à travers l’augmentation progressive de ses volumes, l’élargissement de son réseau de producteurs, la qualité de ses fèves et la multiplication de ses débouchés internationaux. Selon son dirigeant, la capacité annoncée de 3 500 tonnes par an constitue à ce titre un potentiel de développement, et non un volume que l’entreprise affirme déjà exporter intégralement estimant que cette distinction est importante. Selon lui, elle montre aussi le chemin qui reste à parcourir entre l’infrastructure disponible, la mobilisation effective des volumes auprès des producteurs et la commercialisation régulière de plusieurs milliers de tonnes sur les marchés internationaux.

« Notre ambition est de devenir une référence du cacao dans le Kongo Central. Mais un leadership ne se proclame pas : il se construit sur le terrain. Il faut des producteurs, une infrastructure, de la qualité, des volumes, des contrats et des clients. C’est sur ces éléments que nous voulons être jugés" a indiqué Gandi Mole

Construire une filière, pas seulement acheter des fèves

C’est probablement là que se situe le principal enjeu pour Mole Groupe. Pour son dirigeant, passer progressivement d’une activité de négoce et d’exportation à une organisation capable de sécuriser durablement son approvisionnement auprès de milliers de producteurs. À l'en croire, la brochure cacao de l’entreprise affirme que son travail avec les associations de producteurs au cours des dernières années a permis de renforcer ses réseaux d’approvisionnement direct et de fournir formations et ressources aux producteurs.

Cette implantation locale pourrait, selon son dirigeant devenir déterminante si Mole Groupe parvient maintenant à convertir sa capacité de production annoncée en volumes commerciaux réguliers.

À Tshela, a-t-il martelé, l’entreprise prépare donc une nouvelle phase de son développement. Selon lui, après avoir construit le réseau, développé le site, organisé les premières chaînes d’approvisionnement et ouvert des débouchés internationaux, l’enjeu est désormais celui du changement d’échelle.

Pour Mole Groupe, l’objectif est clair : faire progressivement du Kongo Central un territoire qui compte davantage dans le cacao congolais  et installer son nom parmi ceux des entreprises qui structurent cette filière en République Démocratique du Congo

Clément MUAMBA