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Lubero : près d’un mois après la rentrée scolaire, plusieurs écoles restent fermées dans le groupement Mwenye en raison de l’insécurité liée à l’activisme des ADF

ACTUALITE.CD

Près d'un mois après la rentrée scolaire 2026-2027, plusieurs écoles du groupement Mwenye, dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu, restent fermées en raison de l’insécurité et des déplacements de la population.

Le constat est dressé par le Conseil local de la jeunesse de Mwenye, notamment dans les villages de Mausa, Lumba et Sijambale. Dans cette partie de la chefferie de Baswagha, la reprise effective des activités scolaires demeure incertaine, avec une faible présence des enseignants et des élèves.

Selon Prince Kasyano, président du Conseil local de la jeunesse dans ces villages, plus de cinq écoles pourraient ne pas reprendre leurs activités en raison de l’absence de conditions favorables, notamment les déplacements de la population, l’insécurité persistante liée à l'activisme des rebelles ougandais de l'ADF ainsi que l’absence de plusieurs enseignants et élèves.

La structure juvénile appelle les parents à envoyer leurs enfants à l’école et les enseignants à reprendre leurs postes, dans le respect des mesures sanitaires recommandées dans le cadre de la riposte contre la maladie à virus Ebola. Elle plaide également pour le renforcement de la sécurité afin de permettre aux élèves de poursuivre leur scolarité.

Le Conseil local de la jeunesse alerte par ailleurs sur les conséquences de l’interruption prolongée des cours, notamment les risques d’abandon scolaire, d’enrôlement des jeunes dans des groupes armés, de mariages précoces et d’exploitation des enfants, alors que les familles vivent déjà dans un contexte d’insécurité.

« Les activités scolaires peinent à reprendre normalement. Nous constatons avec regret que plus de cinq écoles pourraient ne pas reprendre leurs activités. Faute de conditions favorables, les déplacements de la population, l’insécurité persistante ainsi que l’absence de nombreux enseignants et élèves constituent des obstacles majeurs à la continuité de l’éducation dans notre milieu. Nous encourageons les parents à envoyer leurs enfants à l’école et les enseignants à reprendre leurs postes, dans le respect des mesures sanitaires recommandées. L’éducation est essentielle pour l’avenir de nos enfants. Nous lançons également un appel au gouvernement congolais pour qu’il renforce ses efforts en faveur du rétablissement d’une paix durable dans le groupement Mwenye. Nous demandons notamment le déploiement et le renforcement des forces de sécurité dans les villages affectés », plaide-t-il.

Cette situation intervient alors que l’accès à l’éducation dans le groupement Mwenye était déjà fortement affecté durant l’année scolaire 2025-2026. D’après un rapport de monitoring publié le 8 juillet dernier soit quelques jours après la clôture de l'année scolaire 2025-2026 par le Conseil local de la jeunesse, plus de 20 écoles primaires et secondaires avaient été contraintes d’interrompre leurs activités, affectant plus de 5 000 élèves.

Selon ce rapport, les activités scolaires s’étaient arrêtées dès la fin du premier trimestre à la suite de la dégradation de la situation sécuritaire, marquée notamment par des incursions attribuées aux rebelles ougandais de l’ADF dans plusieurs villages du groupement Mwenye.

À l’échelle nationale, l’impact de l’insécurité sur l’éducation reste également important. Selon un rapport du Cluster Éducation consulté par ACTUALITE.CD, 1 131 établissements scolaires étaient encore fermés au 31 juillet 2026, privant 491 578 enfants d’accès à l’enseignement. Ces données couvrent douze des 26 provinces de la RDC.

Le Sud-Kivu comptait le plus grand nombre d’écoles fermées, avec 462 établissements et 261 223 enfants concernés. Le Nord-Kivu suivait avec 241 écoles fermées et 81 715 enfants affectés, tandis que l’Ituri comptait 129 établissements fermés pour 45 124 élèves concernés.

Le rapport attribue 45 % des incidents ayant entraîné la fermeture des écoles à l’insécurité et aux conflits récurrents. L’occupation des établissements représente 21 % des cas, leur destruction 17 % et les attaques directes 7 %.

Au-delà des fermetures, le Cluster Éducation recense 6 745 écoles et plus de 2,3 millions d’enfants directement affectés par différents incidents à travers le pays. Le Nord-Kivu arrive en tête pour le nombre d’enfants touchés, avec 753 857 enfants concernés.

Josué Mutanava, à Goma