Les violences faites aux femmes restent au cœur des préoccupations de plusieurs acteurs culturels en République démocratique du Congo. À Kinshasa, la quatrième édition du Kinshasa Urban Art Fest (KUAF), organisée du 4 au 12 septembre 2026, a choisi l’art urbain comme moyen de sensibilisation et de dénonciation à travers le thème « La voix des silencieuses ».
L’un des temps forts de cette édition a été la réalisation d’une fresque collective au Centre culturel congolais Le Zoo. L’œuvre a réuni 17 artistes locaux et trois artistes internationaux, dont deux venus d’Angola et un d’Espagne.
Le festival avait débuté par une exposition de street art réunissant 13 artistes locaux et internationaux autour de la même thématique. Le vernissage s’est tenu le samedi 5 septembre au Centre culturel congolais Le Zoo.
À travers « La voix des silencieuses », les organisateurs ont voulu offrir un espace d’expression aux personnes et aux réalités souvent réduites au silence, en faisant de l’art un outil de dénonciation, de sensibilisation et de dialogue.
Dans le cadre de cette quatrième édition, plusieurs activités ont été organisées, notamment des expositions de street art, des ateliers de formation destinés aux jeunes, des panels de discussion, des performances en live, des fresques monumentales ainsi qu’un concert de clôture.
Plusieurs sites culturels de Kinshasa ont accueilli ces différentes activités, notamment le Centre culturel congolais Le Zoo, le collectif Ndaku Ya La Vie Est Belle et l’espace Ntongo Elamu.

Donner une portée internationale au festival
Dans une interview accordée à ACTUALITE.CD, Tata Nizzoo Kobo explique que cette quatrième édition visait notamment à donner davantage de visibilité aux jeunes talents, tout en renforçant les échanges entre artistes locaux et internationaux.
« Premièrement, donner une dimension internationale au festival, réaliser une fresque murale monumentale qui sensibilise contre les violences faites aux femmes et, surtout, permettre aux artistes locaux d’acquérir de nouvelles compétences. Objectifs atteints : la participation des artistes internationaux a apporté une portée internationale au festival, et les ateliers de formation ont permis aux artistes de développer leurs compétences », explique-t-il.
La fresque collective occupe une place particulière dans le programme du Kinshasa Urban Art Fest. Selon Tata Nizzoo Kobo, cette activité constitue l’un des rendez-vous majeurs du festival et permet aux artistes de porter un message social à travers leurs créations.
« Comme d’habitude chaque année, il y a une fresque collective réalisée par les artistes participants au festival ; c’est même l’une des activités majeures de l’événement. Par rapport au choix de la thématique, l’objectif était simple : sensibiliser contre les violences faites aux femmes à travers l’art du graffiti, et utiliser le graffiti comme un outil d’engagement social », a-t-il poursuivi.
Au-delà de la réalisation artistique, cette fresque a donc servi de support à un message de sensibilisation contre les violences faites aux femmes. Pour les organisateurs, le graffiti peut ainsi dépasser sa dimension esthétique pour devenir un moyen d’expression sur des questions qui touchent directement la société.
« Briser le silence, se guérir, se relever »

Interrogé sur le résultat de cette œuvre collective et sur le message porté par les artistes, Tata Nizzoo Kobo estime que chacun d’eux a contribué à la réussite de la fresque. Il insiste particulièrement sur la résilience des victimes et sur la capacité de l’art à accompagner les transformations sociales.
« Particulièrement, je n’ai pas de préférence. Les artistes ont donné le meilleur d’eux-mêmes et le résultat est à la hauteur. Notre message était clair : briser le silence, se guérir, se relever et surtout avancer. Il y a la résilience qui peut les aider à surmonter cette étape. L’art a toujours eu une influence sur la société, peu importe sa forme », a-t-il conclu.
Le Kinshasa Urban Art Fest est un événement culturel consacré à la promotion de la culture urbaine et du street art dans toute sa diversité, à travers différentes disciplines artistiques.