La 7e édition du Salon Africain de la Bande Dessinée et de l’Autre Muzik (SABDAM) se tiendra du 11 au 13 septembre 2026 à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa. Placée sous le thème "Bomoyi, kaka se bomoyi" (La vie, rien que la vie), cette édition réunira auteurs, éditeurs, musiciens et professionnels de la culture autour de la création africaine. Les organisateurs annoncent notamment la proclamation de Kinshasa comme « Capitale africaine de la BD ».
Après six années d’absence, le SABDAL signe son grand retour. Porté par les artistes Barly Baruti et Thembo Kash, le salon entend renforcer la place de la capitale congolaise dans l’écosystème africain de la bande dessinée.
L’ouverture officielle est annoncée pour le 10 septembre à 13 heures, à l’Académie des Beaux-Arts, qui accueillera également les activités du salon du 11 au 13 septembre. L’événement est organisé avec l’appui du directeur général de l’Académie des Beaux-Arts, le professeur Henri Kalama Akulez, et le sponsoring de Modern Construction Congo (MCC).
Kinshasa : « Capitale africaine de la BD »
Le principal enjeu annoncé par les organisateurs est la proclamation de Kinshasa comme « Capitale africaine de la BD ». Cette ambition doit, selon eux, s’appuyer sur la structuration de l’industrie locale de la bande dessinée.
Dans ce cadre, les éditeurs belges André Taymans et Jean-Luc Dieu, des Éditions du Tiroir, sont attendus à Kinshasa. Ils participeront à des panels consacrés à la mise en place d’une structure d’édition professionnelle et durable dédiée à la bande dessinée dans la capitale congolaise.
Plusieurs délégations internationales sont également annoncées, notamment de Belgique, du Mexique, de Colombie, d’Asie et du Canada. Le Sénégal, pays invité d’honneur, devrait conduire une importante délégation. Le Gabon et la République centrafricaine sont également annoncés parmi les pays participants.
L’ambition affichée par les organisateurs est de réunir à Kinshasa les talents du continent et du monde, bâtir des ponts culturels durables et faire de l’Afrique une plaque tournante de l’industrie de la bande dessinée.
Cette vision rejoint le discours des autorités congolaises sur le potentiel des industries culturelles et créatives. La Première ministre Judith Suminwa considère ces secteurs comme des leviers de croissance et d’emploi pour la jeunesse.
« Les industries culturelles et créatives ne sont pas un simple divertissement ; elles constituent un levier majeur de croissance économique, d’innovation et de dignité nationale. Investir dans le talent de nos artistes, c’est consolider notre identité tout en créant des opportunités concrètes pour notre jeunesse », a-t-elle déclaré.
La mémoire artistique congolaise mise à l’honneur
Le SABDAM consacrera également une place importante au patrimoine artistique congolais. Plusieurs figures de la création seront honorées, notamment Frank Pé, Kim Jung Gi, Denis Boyau et Alfred Liyolo, ainsi que les « Anciens de l’ABA ».
L’œuvre d’Alfred Liyolo fera l’objet d’une immersion particulière dans la galerie de l’Académie des Beaux-Arts. Pour Barly Baruti Kandolo, cette initiative vise à rapprocher les jeunes générations de l’héritage laissé par les grandes figures de l’art congolais.
« Nous ne pouvons pas faire la politique de la table rase, au moment où nous avons les nôtres, ces géants qui sont dans la galerie de l’Académie des Beaux-Arts, parmi lesquels Alfred Liyolo qui, depuis très longtemps, a porté très haut l’étendard de l’art et de la culture congolais. Il est de notre devoir de revisiter son œuvre et de la faire découvrir à la jeune génération », a-t-il expliqué sur les ondes de la radio Okapi.
Des activités pour les jeunes et les familles
La programmation prévoit des masterclasses sur la bande dessinée, des projections de films historiques, des jeux, des formations et plusieurs activités culturelles destinées notamment aux jeunes.
Une performance du Projet ZAMBA, portée par Wyns et Bindi, figure également au programme.
Le salon proposera par ailleurs des espaces ludiques et des mini-ateliers créatifs permanents pour les enfants, sous l’encadrement d’Hortense Mapera.
« L’Autre Muzik » élargit le rendez-vous
Le SABDAM associe la bande dessinée à la musique à travers son volet « L’Autre Muzik », placé sous la direction de Pépé Felly Manuaku Waku.
Plusieurs artistes sont annoncés, parmi lesquels Rodriguez Vangama, Jean Goubald, Yannick Koy, Boule Mpanya, Djonimbo, Bafa Mastaki, le professeur Tshamala, Bovick System, Yoyo Baruti et Barly Baruti.
Cette programmation doit permettre de croiser différentes disciplines artistiques et de faire du salon un espace de rencontre entre bande dessinée, musique et arts visuels.
Avec cette 7e édition, le SABDAM entend dépasser le cadre d’un simple festival pour contribuer à la professionnalisation de la filière de la bande dessinée en Afrique. La présence d’éditeurs étrangers, la participation de plusieurs délégations internationales et les discussions annoncées autour d’une structure éditoriale à Kinshasa doivent notamment permettre d’explorer les conditions d’un développement durable du secteur.
L’accès au salon est fixé à 2 dollars par personne et 5 dollars pour les familles.
Pendant trois jours, l’Académie des Beaux-Arts sera ainsi un point de convergence entre créateurs congolais, africains et internationaux, avec une ambition affichée : faire de Kinshasa un pôle majeur de la bande dessinée et des industries culturelles sur le continent.
James Mutuba