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A New York, Hadja Lahbib (UE) met en avant l’importance de la diplomatie humanitaire pour la paix dans l’Est de la RDC

Hadja Lahbib, commissaire européenne à la préparation et à la gestion des crises et à l’égalité

L’importance de la diplomatie humanitaire au service du droit international humanitaire a été abordée par Hadja Lahbib, commissaire européenne chargée de l’Égalité, de l’État de préparation et de la Gestion des crises, lors d’un événement parallèle organisé en marge de la 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies, à New York. Une occasion pour l’ancienne cheffe de la diplomatie belge de rappeler l’urgence et la nécessité de renforcer la protection des civils et des travailleurs humanitaires, ainsi que de garantir l’accès de l’aide aux populations touchées par les combats.

Pour démontrer l’importance de cette combinaison entre diplomatie humanitaire et droit international humanitaire, ainsi que les résultats qui peuvent en découler, Hadja Lahbib a évoqué sa récente mission dans la région des Grands Lacs. Elle a indiqué s’être rendue à Kinshasa, au Burundi, au Rwanda et à Goma. Selon elle, ces différents déplacements ont contribué à faire bouger les lignes en matière d’acheminement de l’aide humanitaire.

« Aujourd'hui, nous discutons de ce qui fonctionne, de ce qui ne fonctionne pas et de la manière dont nous pouvons faire mieux. Permettez-moi de souligner nos efforts en République démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs. Plus tôt cette année, je me suis rendue de Kinshasa au Burundi, où j'ai visité un centre de réfugiés près de la frontière congolaise. Je suis ensuite allée au Rwanda, puis à Goma. Nous étions la première délégation de l'UE à entrer à Goma depuis la prise de contrôle de la ville par le M23 », a rappelé, lundi 21 septembre 2026, Hadja Lahbib.

Au cours de ces différentes rencontres, Hadja Lahbib a indiqué que son message était clair : « Respectez le droit international humanitaire. » Cette démarche l’a notamment conduite à rencontrer des responsables de l’AFC/M23, qui contrôle de vastes pans des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

« J'ai rencontré des présidents et des ministres. J'ai également échangé avec des travailleurs humanitaires, des représentants de la société civile et des réfugiés ayant fui les combats. J'ai aussi rencontré l'AFC/M23 car, lorsque des vies sont en jeu, il est essentiel de parler à ceux qui peuvent ouvrir des portes, lever les obstacles et acheminer l'aide. Mon message était le même partout : respectez le droit international humanitaire. Protégez les civils. Protégez les travailleurs humanitaires. Laissez passer l'aide humanitaire. Et cette diplomatie a porté ses fruits ». 

Cette stratégie est à la base de la création de plusieurs corridors humanitaires dans la région des Grands Lacs et dans l’Est de la RDC. 

« Grâce au soutien de l'UE, un corridor nord entre Beni et Goma est désormais ouvert. Nous avons également obtenu l'accord de Kinshasa et Goma sur un corridor sud, de Bukavu à Uvira et au-delà. Depuis début avril, des convois humanitaires transportent de la nourriture, des médicaments et les produits de première nécessité. Cet axe est devenu vital. J'ai adopté la même approche au Liban en mai » a-t-elle illustré.

La commissaire européenne a également dénoncé les difficultés auxquelles est confronté le système international mis en place pour protéger les populations civiles. Selon elle, les institutions multilatérales sont aujourd’hui affaiblies et le respect du droit international humanitaire est soumis à de fortes pressions.

« Chacun choisit ce qui lui convient et laisse le reste. Ces règles existent pour une raison. Elles protègent les populations dans les moments les plus difficiles, et non les plus faciles ».

L’intervention de Hadja Lahbib intervient dans un contexte humanitaire particulièrement difficile dans l’Est de la République démocratique du Congo. Malgré les initiatives diplomatiques engagées, notamment à travers le processus de Washington, sous l’égide des États-Unis, pour tenter de résoudre la crise entre Kinshasa et Kigali, ainsi que le processus de Doha, sous l’égide de l’État du Qatar, entre Kinshasa et l’AFC/M23, les violences continuent de provoquer des déplacements de populations et d’accroître les risques auxquels sont exposés les civils.

Face aux conséquences de la 17ᵉ épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, les autorités et les acteurs humanitaires ont dû revoir leurs priorités d’intervention. La province de l’Ituri, déjà fragilisée par les conflits armés et désormais considérée comme l’épicentre de l’épidémie, fait l’objet d’une attention particulière. L’objectif est de renforcer l’aide apportée aux populations touchées jusqu’à la fin de l’année. 

Au début de l’année 2026, le gouvernement congolais et la communauté humanitaire avaient lancé, le mercredi 28 janvier à Kinshasa, un appel de fonds de 1,4 milliard de dollars américains pour répondre aux besoins essentiels de millions de Congolais, particulièrement dans l’est du pays. Près de 15 millions de personnes étant alors considérées comme en situation de détresse, les acteurs humanitaires avaient déjà alerté sur le risque d’un manque de ressources. Face à ces contraintes financières, l’aide des Nations Unies et de leurs partenaires devait être prioritairement destinée à 7,3 millions de personnes parmi les plus vulnérables.

Selon l’addendum au Plan de réponse humanitaire 2026 publié par OCHA/RDC, l’évaluation des besoins  humanitaires atteint désormais 18,5 millions USD. 

Clément MUAMBA