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Kwango : en plus de l’agriculture comme réponse à la malnutrition à Popokabaka, une intervention globale sollicitée

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À Popokabaka, la population tente de se relever de la malnutrition qui affecte l’entité depuis plusieurs années. Le territoire figure parmi les zones touchées du Kwango, province qui présente une prévalence de 63 % de malnutrition chronique globale chez les enfants de 0 à 59 mois. L’enquête nationale de nutrition menée en 2023 par le Programme national de nutrition (PRONANUT) et le ministère de la Santé, avec l’appui de l’UNICEF, fait également état de 10,4 % de malnutrition aiguë globale et sévère chez les enfants de la même tranche d’âge. À Popokabaka, cette situation s’explique par plusieurs facteurs.

« Il y a eu déplacement des populations suite aux troubles liés à la crise de Mobondo. Quand une famille se déplace, elle abandonne tout : l’élevage, le champ et tout. Et n’a plus rien à manger, ce qui expose les enfants de moins de cinq ans à développer les symptômes. La zone a également été confrontée à plusieurs épidémies, notamment la rougeole. Quand un enfant malnutri souffre de la rougeole, ça impacte la nutrition de l’enfant, il ne peut pas manger facilement. Il y a aussi un problème de diversification alimentaire », explique Junior Mukulubundu, nutritionniste et représentant du Projet coopération internationale qui intervient dans la zone.

Face à cette situation, des initiatives communautaires émergent. Dans la cité de Popokabaka, deux parcelles sur trois possèdent des jardins. On trouve même des terrains inhabités où les habitants pratiquent les travaux des champs. Le manioc y occupe une place importante : il est à la fois le produit le plus cultivé et la principale denrée utilisée dans la préparation de l’aliment de base.

Les confessions religieuses figurent également parmi les acteurs clés de la sensibilisation de la population. C’est le cas de l’Église catholique, diocèse de Popokabaka, qui a mobilisé les habitants sur l’impact de la divagation des bêtes, responsables de la destruction des champs et des jardins, afin de préserver ces espaces de production.

Mais pour le médecin chef de zone de Popokabaka, le défi reste immense et dépasse les seuls efforts de la communauté. Le Dr Alain Mboko met notamment en avant les difficultés liées à la sécurité alimentaire, à l’accès à une alimentation de qualité, ainsi qu’à l’état des routes servant au ravitaillement, à l’évacuation des produits agricoles et à l’importation des produits alimentaires.

« À Popokabaka, en particulier, et dans le Kwango en général, c’est connu. Il y a beaucoup de cas de malnutrition. Le grand problème, c’est la sécurité alimentaire. Ça demande de grandes interventions durables. Il faut donner aux gens l’accès à une alimentation de qualité, il faut que les routes soient en bon état pour exporter et importer les produits alimentaires. Mais il faut l’intervention médicale pour les cas de malnutrition aiguë sévère. Nous demandons aux partenaires d’intervenir », plaide le médecin chef de zone, Dr Alain Mboko.

La malnutrition affecte également la croissance de plusieurs enfants, dont l’âge ne correspond pas à la taille. Pour y faire face, l’enquête nationale de nutrition de 2023 avait notamment recommandé le renforcement de la protection et de la promotion des pratiques optimales d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant durant les 1 000 jours du cycle de vie, ainsi que la communication pour le changement social et comportemental.

Jonathan Mesa