À Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, l’intervention tardive des sapeurs-pompiers après la déclaration d’un incendie nourrit la grogne des habitants, qui assistent, impuissants, à des sinistres causant d’importants dégâts humains et matériels. La question du nombre exact de camions anti-incendie dont dispose la ville, ainsi que chacune de ses 24 communes, reste toutefois posée.
Témoin d’un incendie d’origine inconnue qui s’est déclaré ce lundi 7 septembre au petit collège EP 4 Saint-Pierre, dans la commune de Kinshasa, une autorité municipale, ayant requis l’anonymat, a révélé à ACTUALITE.CD que l’ensemble de la ville de Kinshasa dispose de moins de cinq véhicules anti-incendie et qu’aucune commune n’en possède un.
« Si toute la ville de Kinshasa en a moins de cinq, c’est quelle commune qui va voir un véhicule anti-incendie ? Toutes les communes n’en ont pas », a-t-il fustigé.
Épuisé après l’intervention tardive pour maîtriser le feu, un sapeur-pompier trouvé sur place a affirmé que le camion dépêché sur le lieu n'appartient même pas à l’Hôtel de Ville de Kinshasa, mais qu’il s’agissait d’un véhicule privé que la capitale congolaise louerait en cas d’urgence.
Assis derrière le camion de couleur rouge, alors que celui-ci était à court d’eau, cet agent en détachement a également affirmé que Kinshasa ne comptait, jusqu’à preuve du contraire, que cinq camions anti-incendie, tous stationnés à hauteur de l’avenue de la Justice, dans la commune de la Gombe, au centre-ville.
Le bourgmestre de la commune de Kinshasa, Bienvenu Mbalibi, arrivé sur le lieu pour constater l’ampleur des dégâts causés par l’incendie, notamment dans plusieurs salles de classe, bureaux administratifs et des archives du petit collège, a dénoncé le retard avec lequel le seul camion anti-incendie disponible était arrivé.
À cette occasion, il a appelé les autorités à doter chaque commune d’au moins un camion anti-incendie. Il a également plaidé pour que les responsables des lieux à forte fréquentation soient contraints de disposer d’extincteurs afin de prévenir d’éventuels drames.
Dans la nuit du vendredi 4 au samedi 5 septembre dernier, un autre grave incendie s'est déclaré dans la salle de fêtes Panacée, située dans un immeuble voisin du Musée national. Le sinistre avait fait une dizaine de morts, dont plusieurs femmes.
D’origine encore inconnue, le feu avait surpris les participants à un mariage en pleine effervescence. Pris de panique, plusieurs convives s’étaient bousculés vers l’unique sortie, provoquant des morts et des blessés parmi les personnes prises au piège et victimes d’étouffement. Là encore, les sapeurs-pompiers étaient intervenus tardivement, après que les flammes eurent déjà causé d’importants dégâts matériels.
Pour l’heure, les enquêtes se poursuivent afin d’élucider les causes de cet incendie meurtrier. Le gouvernement a, entre-temps, annoncé un renforcement des contrôles et des mesures relatives aux conditions de construction et de fonctionnement des salles de manifestation à Kinshasa et à travers le pays.
Samyr LUKOMBO