You are using an outdated browser. For a faster, safer browsing experience, upgrade for free today.
Diaporama
Slide 1 selected
Catégorie

La question liée à l’épidémie d’Ebola en RDC s’invite à la session ordinaire du Conseil des droits de l'homme à Genève 

Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme

Le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a ouvert, ce lundi 7 septembre, sa 63e session ordinaire, qui se tient jusqu’au 7 octobre au Palais des Nations, à Genève. La session s’est ouverte sous la présidence de l’ambassadeur Sidharto Reza Suryodipuro, représentant permanent de l’Indonésie auprès de l’Office des Nations Unies à Genève.

Plusieurs représentants des États membres, des organisations internationales et d’autres acteurs de la communauté internationale prennent part aux travaux. Parmi les principaux temps forts de cette première journée figure l’intervention du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, consacrée à la présentation de la situation mondiale des droits de l’homme.

Volker Türk a placé son intervention sous le signe de l’espoir et de la défense du système international des droits de l’homme. Le Haut-Commissaire a notamment insisté sur la nécessité de renforcer le droit international et les mécanismes de coopération multilatérale afin de garantir la protection des droits fondamentaux pour tous. 

Volker Türk a toutefois alerté sur les pressions exercées contre la coopération internationale. Selon lui, certaines puissances chercheraient à remettre en cause les mécanismes multilatéraux au profit d’approches davantage fondées sur les rapports de force et les intérêts transactionnels.

« Au niveau mondial, nous œuvrerons sans relâche au renforcement du droit international et de l’écosystème des droits de l’homme qui profite à tous. Il est clair que certaines puissances cherchent à anéantir toute coopération multilatérale et à la remplacer par des accords transactionnels. Elles sapent la coopération internationale en matière de climat, de santé, de droits reproductifs des femmes et dans bien d’autres domaines », a dénoncé Volker Türk.

Le Haut-Commissaire a également dénoncé les conséquences de l’affaiblissement de la coopération internationale dans plusieurs domaines, notamment le climat, la santé et les droits reproductifs des femmes. Pour illustrer les conséquences concrètes de cette situation, il a évoqué l’exemple de l’épidémie d’Ebola qui sévit depuis le 15 mai 2026 en République démocratique du Congo.

Selon lui, l’affaiblissement des systèmes de santé mondiaux et la diminution des financements ont contribué à aggraver les difficultés, alors que les épidémies continuent de représenter des menaces qui dépassent les frontières nationales.

« Pour comprendre les conséquences de cette situation, prenons l’exemple de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC). L’affaiblissement des systèmes de santé mondiaux et la réduction des financements ont aggravé la situation, qui continue de constituer une menace transfrontalière », a fustigé le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme.

La République démocratique du Congo fait face à sa 17e épidémie de maladie à virus Ebola, provoquée par le virus Bundibugyo. Déclarée officiellement en mai 2026 dans la province de l’Ituri, cette nouvelle flambée s’est progressivement étendue à plusieurs provinces du pays. Selon les autorités sanitaires et leurs partenaires, six provinces et plus de 60 zones de santé sont désormais touchées, faisant de cette épidémie l’une des plus graves et des plus rapides jamais enregistrées en RDC.

La progression du virus intervient dans un contexte particulièrement difficile, marqué par l’insécurité, les déplacements de populations, d’importants mouvements de personnes et des capacités limitées dans certaines structures de santé. À ces difficultés s’ajoutent les problèmes de confiance et d’adhésion de certaines communautés aux interventions sanitaires, qui peuvent compliquer la surveillance épidémiologique, le suivi des contacts, l’identification rapide des cas et la prise en charge des personnes infectées. La souche Bundibugyo demeure par ailleurs particulièrement préoccupante, puisqu’il n’existe actuellement ni vaccin homologué ni traitement spécifique approuvé contre ce virus.

L’ampleur de la crise dépasse désormais le seul cadre national. L’épidémie a également touché l’Ouganda, où les autorités sont parvenues à interrompre la transmission. En RDC, en revanche, la maladie continue de circuler, maintenant une forte pression sur le système de santé et les équipes engagées dans la riposte.

Face à cette évolution, les autorités congolaises cherchent à renforcer et à mieux coordonner la riposte. Le gouvernement, avec l’appui de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), du système des Nations Unies, d’Africa CDC et d’autres partenaires, a lancé, le 4 septembre 2026 à Kinshasa, un plan multisectoriel révisé de 180 jours destiné à intensifier et à coordonner la réponse afin de sauver des vies et d’interrompre la transmission du virus.

Ce nouveau plan, fondé sur l’approche « Une seule santé » vise notamment à renforcer la surveillance, améliorer la prise en charge des cas et intensifier les interventions au cœur des communautés. Il intervient alors que les besoins financiers et opérationnels de la riposte restent considérables, tant au niveau national qu’international. Les autorités congolaises et leurs partenaires cherchent ainsi à mobiliser les ressources nécessaires pour maintenir les activités de surveillance et de prise en charge, renforcer les capacités des structures sanitaires et assurer la continuité des interventions dans les zones affectées.

La situation illustre également les difficultés auxquelles se heurte une réponse sanitaire lorsque les financements humanitaires internationaux se contractent alors que les besoins augmentent. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a appelé les États membres et les donateurs à accroître et à accélérer leurs contributions pour financer le nouveau plan de riposte. Selon l’OMS, le plan gouvernemental pour les six prochains mois nécessite environ 1,3 milliard de dollars pour couvrir les opérations de l’ensemble des partenaires.

Lors d’un briefing de haut niveau consacré à la réponse à Ebola, Tedros Adhanom Ghebreyesus a souligné que la durée de l’épidémie aura un coût humain et financier croissant. Il a appelé la communauté internationale à agir rapidement, estimant que cette épidémie peut être contrôlée et arrêtée si les ressources nécessaires sont mobilisées à temps.

Clément MUAMBA