En visite de travail à Jérusalem, le président Félix Tshisekedi affiche sa volonté de renforcer et de moderniser les relations entre la République démocratique du Congo et Israël. Les questions sécuritaires et internationales ont également été abordées au cours de la rencontre mardi 1er septembre avec le président israélien Isaac Herzog. Tshisekedi a notamment présenté à son homologue la situation qui prévaut dans l’Est de la RDC, marquée par des enjeux sécuritaires et humanitaires persistants. À cette occasion, le chef de l’État a réaffirmé la position de Kinshasa concernant la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC, en s’appuyant sur les principes consacrés par la Charte des Nations unies et le droit international.
« J’ai naturellement évoqué la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la République Démocratique du Congo et réaffirmé l’attachement indéfectible de mon pays à sa souveraineté et à son intégrité territoriale, conformément à la Charte des Nations Unies et au droit international. Pour la République Démocratique du Congo, ces principes ne sont ni abstraits ni négociables. Ils constituent le fondement de la coexistence pacifique entre les nations et doivent être défendus partout avec la même constance », a souligné le chef de l’État.
Cette revendication de Tshisekedi à l'attachement à l'intégrité territoriale intervient dans un contexte d'occupation de vastes territoires congolais par les rebelles de l'AFC/M23 soutenus par le Rwanda dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu depuis plus de trois ans.
Les deux personnalités disent attendre que les nouveaux partenariats produisent des résultats concrets, notamment dans le domaine de l’agriculture et de l'emploi des jeunes.
« La République Démocratique du Congo ne recherche pas des partenariats de façade. Nous voulons des partenariats qui produisent des résultats : des emplois pour notre jeunesse, davantage de production locale, davantage de valeur ajoutée créée sur notre territoire et, surtout, une amélioration concrète des conditions de vie de notre population. Notre ambition est de bâtir avec Israël un partenariat moderne, pragmatique et mutuellement bénéfique, qui ne se mesure pas seulement aux accords que nous signons, mais à leur mise en œuvre et aux résultats qu’ils produisent pour nos deux peuples », a affirmé Félix Tshisekedi.
Pour Tshisekedi, les échanges avec son homologue israélien ont également confirmé leur volonté commune de donner une nouvelle dimension à la coopération entre la République démocratique du Congo et l’État d’Israël. Cette coopération devrait notamment concerner l’agriculture et la sécurité alimentaire, l’eau, la santé, les technologies et l’innovation, la sécurité, la formation ainsi que l’investissement.
Dans le domaine agricole, le président congolais a indiqué que la RDC souhaitait tirer parti de l’expertise et des technologies israéliennes afin d’accroître sa production, de renforcer ses chaînes de valeur et de progresser vers une plus grande sécurité alimentaire.
« Dans les domaines de l’eau, de la santé et des technologies, notre priorité est de développer des solutions adaptées aux réalités congolaises, accompagnées d’un véritable transfert de compétences », a-t-il dit.
En novembre de l’année dernière, lors de sa visite de travail à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), le Président israélien Isaac Herzog avait été reçu en tête-à-tête à la Cité de l’Union africaine par son homologue congolais Félix Tshisekedi. Une visite que le Chef de l’État congolais avait qualifiée d’« historique », car elle marquait le retour d’Israël en RDC après quarante ans d’absence. Selon Félix Tshisekedi, le dernier chef d’État israélien à avoir foulé le sol congolais, alors Zaïre, n’était autre que le père de l’actuel Président, Isaac Herzog.
Cette première visite du Président Isaac Herzog en RDC s’inscrivait dans la volonté d’Israël de renforcer sa présence diplomatique et économique en Afrique et de consolider la coopération bilatérale avec Kinshasa. Ce déplacement à Kinshasa venait également consolider les relations personnelles entre les Présidents Herzog et Tshisekedi, qui s’étaient déjà rencontrés en 2021 à Jérusalem et en janvier 2025 à Davos, en Suisse.
Lors de ces différentes rencontres, les deux dirigeants s’étaient toujours montrés favorables à l’élargissement du partenariat entre leurs pays dans divers domaines liés au développement national
Clément MUAMBA