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RDC : la Coalition « Le Congo d'Abord » réclame un Tribunal Pénal International auprès de l'ONU

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Toussaint Alonga, coordonnateur national de la Coalition « Le Congo d'Abord », intervenait ce lundi au Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala pour présenter un mémo adressé au Secrétaire général des Nations Unies, réclamant la création d'un Tribunal Pénal International pour juger les crimes commis en République démocratique du Congo.

Dans ce document signé à Kinshasa, la coalition évoque une guerre à l'Est du pays qui aurait duré trente ans et fait dix millions de morts, un bilan qui, selon elle, a réduit la vie des Congolais « au barreau de l'échelle la moins élevée en Afrique et dans le monde ».

Le texte s'interroge sur l'efficacité du maintien de la paix des Nations Unies dans l'Est de la RDC et dénonce ce qu'il présente comme un silence sélectif de la communauté internationale, prompte à mobiliser des millions de dollars pour la protection de l'environnement mais « muette et inactive » face aux crimes de guerre, crimes contre l'humanité et crimes de génocide commis sur le sol congolais. La coalition affirme s'être mobilisée à travers une manifestation populaire pour porter cette revendication.

Pour étayer sa demande, le mémo dresse une liste de précédents internationaux : le Tribunal de Nuremberg pour les crimes nazis, la Cour internationale de Justice pour les crimes en ex-Yougoslavie, le Tribunal d'Arusha pour le génocide au Rwanda, le Tribunal spécial pour la Sierra Leone qui a jugé Charles Taylor, la Cour pénale internationale pour la RCA concernant les exactions attribuées aux Séléka et aux anti-balaka, le Tribunal spécial pour le Liban après l'assassinat de Rafic Hariri, ainsi que la chambre extraordinaire créée au Sénégal pour juger Hissène Habré. La coalition cite également le mandat d'arrêt émis par la CPI contre le président russe Vladimir Poutine concernant la déportation d'enfants ukrainiens.

« Quid des crimes commis en RDC qui ont fait dix millions de morts », interroge le mémo, appelant le Secrétaire général, « en vertu du principe d'équité et de justice », à soutenir la création et l'installation d'un tel tribunal, afin que ces crimes ne soient « pas oubliés sur le tapis de la diplomatie et la table des négociations politiques ».