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RDC : Azarias Ruberwa juge les négociations de Doha « mal négociées » et appelle Tshisekedi à trancher pour la paix

Déclaration de principe entre la RDC et le M23 à Doha

Intervenant jeudi lors du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, Azarias Ruberwa a livré une analyse tranchée de la crise sécuritaire dans l'Est de la RDC, où Goma, Bukavu et plusieurs autres localités restent sous occupation de la rébellion de l'AFC/M23. 

Selon lui, il n'existe que deux voies pour parvenir à la paix : l'imposer par la guerre, comme l'avait fait Laurent-Désiré Kabila lors de sa marche victorieuse sur Kinshasa après sept mois de conflit, ou l'obtenir par la négociation, une option qu'il dit privilégier, refusant de souhaiter une paix par les armes qui prolongerait les souffrances du peuple congolais.

L'ancien vice-président s'est toutefois montré très critique du format actuel des pourparlers de Doha entre le gouvernement et l'AFC/M23, qu'il juge menés « à l'infini » et sans agenda clair. Il a estimé qu'un processus de négociation sérieux devrait fixer un délai précis, six mois, par exemple, pour aboutir à un accord de paix ou de cessez-le-feu, regrettant que les deux parties ne semblent « pas pressées » d'avancer.

Il a illustré ce manque de bonne foi en évoquant les échanges de prisonniers, où seule une quinzaine de personnes auraient été libérées sur les 700 réclamées par l'AFC/M23.

Ruberwa a par ailleurs insisté sur la dimension éminemment politique de la crise congolaise, qui dépasse selon lui la seule question militaire et justifie la tenue d'un dialogue national. Il a directement interpellé le président Félix Tshisekedi, rappelant qu'en tant que seul chef d'État reconnu internationalement, y compris sur les territoires occupés par les rebelles, il porte une responsabilité plus grande que quiconque dans la recherche de la paix.

Dénonçant l'influence de conseillers, civils comme militaires, qu'il juge inaptes à sortir le pays de la guerre, Ruberwa a appelé le chef de l'État à s'affranchir de leur influence pour engager résolument un dialogue « véritablement inclusif », seul à même, selon lui, de clarifier les responsabilités et d'éviter que le débat national ne se règle « dans la rue ».