Près d’une centaine de familles se retrouvent privées de logement à la suite de la destruction de leurs habitations dans le centre minier de Rubaya, (territoire de Masisi), au Nord-Kivu. L’opération, signalée depuis le mercredi 12 août 2026, s’est poursuivie jusqu’au samedi 15 août dans le secteur appelé « Chez Rutivumbura », situé dans la périphérie de la cité minière de Rubaya.
D’après des sources locales contactées par ACTUALITE.CD, les engins et équipes chargés de l’opération ont déjà rasé plusieurs dizaines de maisons dans cette zone proche du principal site d’exploitation du coltan. Les mêmes sources indiquent que le nombre de ménages affectés pourrait dépasser la centaine.
Selon des habitants et des proches des familles concernées, un ordre de départ a été communiqué par des responsables de l’AFC/M23 qui contrôle sur Rubaya. Les motifs précis de cette décision n’ont toutefois pas été officiellement rendus publics.
Dans la communauté, certaines voix avancent l’hypothèse d’un lien entre ces démolitions et un éventuel projet d’agrandissement de la zone d’exploitation du coltan. Le gisement minier s’étendrait progressivement vers des espaces actuellement occupés par des habitations.
Cette hypothèse reste cependant à confirmer par des sources officielles ou des autorités de facto. Les ménages touchés disent avoir été contraints de quitter les habitations sans bénéficier, jusqu’à présent, d’un dispositif clair de relogement ou d’indemnisation. Ils dénoncent une décision qu’ils jugent brutale et réclament des mesures permettant de protéger leurs droits, notamment la prise en compte des pertes matérielles subies et la recherche de solutions de logement pour les personnes désormais sans abri.
La démolition de ces habitations intervient dans un contexte particulièrement sensible à Rubaya, où les activités minières constituent l’une des principales sources de revenus pour une partie de la population.
Sous le contrôle de l’AFC/M23 depuis plus de deux ans, Rubaya demeure un important bassin d’exploitation du coltan dans le Nord-Kivu. Malgré les risques sécuritaires et les conditions difficiles de travail, l’activité minière y reste soutenue.
Le site a également été marqué par plusieurs accidents meurtriers. Au cours de l’année dernière, plus de 200 creuseurs artisanaux ont perdu la vie, notamment dans des éboulements et des glissements de terrain liés aux conditions précaires d’exploitation et au manque de mesures adéquates de sécurité.
La nouvelle vague de démolitions relance ainsi le débat sur le devenir des populations installées autour des zones minières, mais aussi sur la protection des civils et l’encadrement de l’exploitation des ressources naturelles dans les territoires contrôlés par des groupes armés.
À Rubaya, les familles affectées attendent désormais des explications sur les motifs de leur déguerpissement ainsi que des mesures concrètes pour faire face aux conséquences de la destruction de leurs logements.