La courbe des nouvelles infections à Ebola marque un recul en République démocratique du Congo, mais la persistance des décès hors des centres de traitement et le relâchement du suivi des contacts inquiètent les autorités sanitaires. Selon le rapport de situation n°133 de la Task Force présidentielle Ebola 17, publié le 25 septembre, 56 nouveaux cas confirmés de maladie à virus Ebola Bundibugyo ont été enregistrés le 24 septembre, contre 70 la veille, soit une baisse de 20 %.
Cette baisse tient surtout au Nord-Kivu, passé de 31 à 17 nouveaux cas en 24 heures. L'Ituri, épicentre de l'épidémie, enregistre en revanche une légère hausse avec 35 nouveaux cas, contre 31 la veille. La province concentre à elle seule 76,4 % des cas cumulés depuis le début de l'épidémie. Le Haut-Uélé (3) et le Bas-Uélé (1) complètent le bilan du jour. Aucune nouvelle zone de santé n'a été touchée, un signal que les autorités jugent « favorable » mais encore « à consolider ».
Depuis la confirmation de l'épidémie à la mi-mai, le bilan cumulé s'établit à 7 946 cas confirmés et 3 833 décès, soit une létalité de 48,2 %. Le Nord-Kivu affiche le taux le plus élevé parmi les provinces fortement touchées, à 59,9 %. Au total, 2 001 patients ont été déclarés guéris, dont 35 au cours de la seule journée du 24 septembre, et 848 sont actuellement en isolement. Sur les 62 zones de santé ayant rapporté au moins un cas, 56 restent actives dans six provinces.
Le rapport pointe cependant plusieurs signaux d'alerte. Sur les 34 décès confirmés en 24 heures, 23 sont survenus dans la communauté, hors des centres de traitement, notamment à Mandima (9) en Ituri et à Beni (7) au Nord-Kivu. Beni reste d'ailleurs le principal foyer actif du Nord-Kivu, avec 12 des 17 nouveaux cas de la province. Le suivi des contacts est par ailleurs tombé à 79,2 %, contre 83,4 % la veille, et s'effondre à 34,8 % dans la Tshopo. Aux points de contrôle de l'Ituri, deux corps interceptés n'ont pas été prélevés, et un cas suspect s'est échappé avant son transfert vers un centre de traitement à Mongbwalu.
Au Nord-Kivu, 114 patients, soit près d'un tiers des personnes hospitalisées, sont encore pris en charge dans des structures qui ne répondent pas aux normes. La vaccination progresse lentement : à Bunia, 135 personnes ont été vaccinées en 24 heures, pour une cible journalière de 300. Au Nord-Kivu, 36 070 prestataires de première ligne ont été identifiés, mais les congélateurs de la chaîne du froid sont encore en cours de réception. Au Bas-Uélé, les équipes travaillent avec des stocks limités à 25 kg de chlore et 170 litres de carburant. La coordination de la riposte évoque aussi des arriérés de paiement des prestataires et leurs conséquences sur la continuité des activités.
Au Sud-Ubangi, la notification d'un cas secondaire dans la zone de santé de Bulu a conduit au déploiement d'experts en vaccination et en prophylaxie post-exposition, avec l'appui de Médecins sans frontières. Les autorités y voient un risque d'installation de nouvelles chaînes de transmission. Elles appellent aussi à renforcer la surveillance transfrontalière avec le Soudan du Sud et la préparation dans les provinces du corridor fluvial.