Neuf civils, dont cinq femmes, enlevés par les ADF en mai dernier dans la région de Byakato, en territoire de Mambasa (Ituri), ont réussi à s'échapper de leurs ravisseurs après plusieurs semaines de captivité dans la forêt d'Elake (chefferie des Babila Bakwanza).
Selon leurs témoignages, leur fuite a été rendue possible grâce aux bombardements menés par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), en coalition avec l'armée ougandaise (UPDF), contre des positions des ADF.
Arrivés à Lwemba dans la soirée du mardi 4 août, ces rescapés ont toutefois failli être victimes de la vindicte populaire. Pris à tort pour des combattants ADF par des habitants, ils ont échappé de justesse à un lynchage grâce à l'intervention des éléments de la Police nationale congolaise (PNC) et des FARDC.
Réagissant à cet incident, le défenseur des droits humains Zephani Kataliko appelle la population à faire preuve de retenue et à éviter toute forme de justice populaire.
« Nous demandons à la population de se garder de la justice populaire. Elle peut coûter la vie à des innocents qui ont réussi à s'échapper des mains des ADF, mais aussi permettre aux véritables ennemis de disparaître dans la nature sans être identifiés », a-t-il interpellé.
Cette action intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu dans la chefferie des Babila Babombi, où les attaques des ADF se sont multipliées ces dernières semaines, poussant la société civile à organiser deux journées ville morte pour dénoncer l'insécurité persistante et exiger des opérations militaires plus offensives contre les islamistes.
Freddy Upar, à Bunia