Des mouvements de déplacement des populations sont observés sur le tronçon Kambau-Njiapanda, dans le territoire de Lubero (Nord-Kivu), à la suite d'alertes faisant état de mouvements suspects d'hommes armés, présumés combattants d’Allied Democratic Forces (ADF) dans les environs de Maikengu, dans le groupement Bapakombe (secteur de Bapere).
Dans la nuit du dimanche 2 à lundi 3 août 2026, des habitants de Kambau, Pawanza et des localités environnantes ont quitté leurs habitations pour se réfugier à Njiapanda, tandis que d'autres ont pris la direction de Butembo, considérée comme une zone plus sécurisée.
La société civile du secteur de Bapere déplore cette résurgence des activités des ADF dans cette partie du territoire de Lubero et dénonce l'absence de mesures de défense, alors que les habitants affirment transmettre régulièrement des alertes aux autorités. Son président, Kasereka Kagheni Samuel, appelle les autorités militaires à renforcer les dispositifs sécuritaires afin d'assurer une meilleure protection de la population.
Il demande également aux représentants de la région au sein du gouvernement central de sortir de leur silence face à la situation que traversent leurs électeurs.
« Nous appelons les autorités à voir comment renforcer les dispositifs sécuritaires. L’ennemi est en train de faire une ruse. Donc, nos services doivent être en alerte pour que l’ennemi ne puisse pas encore tuer la paisible population. Aussi, nos élus; la population qui est en train de mourir constitue bien sûr une base électorale de ces élus. Il n’est pas question de se taire. Il est temps alors d’interpeller bien sûr le ministre de tutelle afin qu’il puisse fournir des éclaircissements par rapport à la question ADF », a-t-il indiqué à ACTUALITE.CD.
Par ailleurs, Kasereka Samuel indique que les déplacements de population observés depuis le début de la semaine exposent davantage les habitants à des risques sécuritaires. Il invite la population à poursuivre sa collaboration avec les forces armées en signalant tout mouvement suspect.
Ces nouveaux déplacements interviennent après une attaque attribuée aux combattants ADF au début de la semaine dernière à Makumo, dans le groupement Bapakombe (secteur de Bapere). Selon les informations disponibles, une dizaine de personnes y ont été tuées, des habitations et d'autres biens incendiés, tandis que plusieurs civils ont été pris en otage. De nombreuses familles ayant fui cette attaque vivent actuellement sans assistance dans des familles d'accueil.
La société civile du secteur de Bapere avait déjà alerté sur une probable recrudescence des attaques des ADF dans plusieurs villages du groupement de Bapakombe, notamment à Mambau, Maakele, Makumo et Souma.
Cette alerte était intervenue au lendemain d'une attaque menée dans la nuit du 21 au 22 juillet 2026. Selon des sources locales, cette incursion avait fait au moins sept morts parmi les civils. Plusieurs habitations avaient également été incendiées, poussant de nombreux ménages à abandonner leurs villages pour chercher refuge dans des zones jugées plus sûres.
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Josué Mutanava, à Goma