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Littérature : avec le roman “La Maison aux murs blessés”, l’écrivain Joyeux Ngoma Mbumba brise le silence sur les violences invisibles

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Après “Le Silence de l’âme”, l’écrivain congolais Joyeux Ngoma Mbumba revient avec un nouveau roman, “La Maison aux murs blessés”, une œuvre qui interroge les violences silencieuses, les rapports familiaux et les pesanteurs sociales qui marquent le quotidien de nombreuses familles. À travers ce livre, l’auteur entend ouvrir un débat sur des réalités souvent tues plutôt que condamnées.

Le titre, explique-t-il, est loin d’être anodin. Derrière l’image rassurante de la maison se cache une réflexion sur les blessures invisibles qui traversent les familles et la société.

« La maison est, à première vue, un lieu de protection, de paix et de construction. Pourtant, dans notre société, certaines maisons cachent des blessures profondes, des silences imposés, des violences, des rêves brisés et des souffrances que personne n’ose raconter. Les murs sont blessés parce qu’ils ont tout vu, tout entendu et tout gardé en silence. Ce titre invite le lecteur à regarder au-delà des apparences », indique Joyeux Ngoma à ACTUALITE.CD

Selon l’auteur, ce roman est né de plusieurs années d’observation et d’écoute. Les confidences recueillies au fil des rencontres lui ont fait prendre conscience de l’ampleur de souffrances qui restent souvent absentes du débat public.

« Depuis plusieurs années, j’écoute des confidences, j’observe des familles, je rencontre des femmes, des hommes et des jeunes qui vivent des situations difficiles sans jamais trouver un espace pour les exprimer. J’ai compris que certaines souffrances ne font jamais la une des journaux, mais détruisent des vies chaque jour. En tant qu’écrivain, je considère qu’il est de mon devoir de donner une voix à ceux que l’on n’entend pas », ajoute l’écrivain.

Avec ce deuxième ouvrage, Joyeux Ngoma affirme franchir une nouvelle étape dans son parcours littéraire. Si “Le Silence de l’âme” explorait les blessures intérieures de l’individu, “La Maison aux murs blessés” élargit le regard aux réalités familiales et sociales.

Le roman aborde notamment les violences faites aux femmes, certaines pratiques culturelles, les traumatismes familiaux, les préjugés ainsi que les conséquences du silence collectif. Pour l’écrivain, il ne s’agit pas d’un réquisitoire contre la société congolaise, mais d’une invitation à la réflexion.

« Le plus grand danger n’est pas toujours la violence elle-même, mais le silence qui la protège. Une société qui banalise l’injustice finit par la transmettre d’une génération à l’autre. À travers ce roman, j’invite chacun à avoir le courage de regarder la vérité en face, d’écouter ceux qui souffrent et de comprendre que le changement commence souvent lorsqu’une seule personne ose briser le silence », affaire Joyeux.

L’auteur précise que son ambition est également de montrer toute la complexité des personnages, loin des schémas simplistes.

« Le lecteur découvrira une réflexion beaucoup plus profonde sur la condition de la femme dans certains contextes africains, les violences invisibles, le poids des traditions, les conflits entre les générations et les conséquences du silence collectif. Il découvrira aussi des personnages aux parcours complexes, sans héros parfaits ni coupables absolus. Je voulais montrer que la réalité est toujours plus nuancée qu’elle ne paraît », précise-t-il.

Destiné à un large public, le roman s’adresse aussi bien aux jeunes qu’aux parents, aux éducateurs, aux couples ou encore aux décideurs. L’objectif, souligne Joyeux Ngoma, est moins d’apporter des réponses que de susciter des interrogations.

« J’aimerais que les lecteurs referment le livre avec une émotion sincère, mais surtout avec des questions. Si un lecteur termine ce roman en regardant différemment son entourage, en prêtant davantage attention aux souffrances silencieuses ou en engageant une conversation qu’il n’aurait jamais osé avoir auparavant, alors le livre aura atteint son objectif. La littérature ne change pas le monde à elle seule, mais elle change parfois le regard de ceux qui le transforment », dit-il.

Parallèlement à cette publication, Joyeux Ngoma poursuit plusieurs projets littéraires, dont un recueil de nouvelles coécrit avec l’écrivaine belge Fabienne Zutterman. Il indique également travailler sur d’autres manuscrits et sur des initiatives destinées à promouvoir la lecture ainsi qu’à accompagner l’émergence de nouveaux talents en République démocratique du Congo.

À l’endroit des jeunes auteurs, l’écrivain Joyeux Ngoma lance un appel à la persévérance.

« Personne ne naît écrivain accompli. On le devient en écrivant, en lisant, en acceptant les critiques et en persévérant. N’attendez pas que toutes les conditions soient parfaites, car elles ne le seront jamais. Écrivez avec sincérité, travaillez votre plume avec rigueur et osez partager votre voix. Le Congo a besoin de ses écrivains, parce qu’un peuple qui raconte son histoire est un peuple qui refuse d’être raconté uniquement par les autres », souligne-t-il.

Joyeux Ngoma Mbumba est écrivain et auteur-compositeur. Très tôt exposé à la littérature grâce à sa mère enseignante et à son environnement scolaire, il développe une passion pour l’écriture. Il a collaboré avec plusieurs artistes congolais et occupé des postes comme rédacteur chez SkyEvent Magazine et vice-président de l’ASBL J’accuse Ma Génération, dédiée à la promotion de la littérature.

Économiste de formation, il est également engagé dans le monde culturel et entrepreneurial. Fondateur et coordonnateur du Cercle Du Savoir, il œuvre pour la promotion de la culture, de l’art et de l’entrepreneuriat. Il est aussi à l’origine de Oratory Club, une structure événementielle, et membre actif de plusieurs associations littéraires congolaises telles que Écrivains du Congo, Pax In Terra et AJECO. 

 


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