Les sénatrices américaines Jeanne Shaheen (D-NH), membre de rang du Comité des affaires étrangères du Sénat, et Lisa Murkowski (R-AK) ont adressé une lettre au secrétaire d'État Marco Rubio, l'exhortant à prendre au nom du gouvernement des États-Unis d'Amérique des mesures rapides pour protéger les femmes et les nourrissons des conséquences mortelles de l'épidémie d'Ebola en Afrique plus précisément dans l'Est de la République Démocratique du Congo.
Dans leur correspondance adressée au chef de la diplomatie américaine dont une copie est parvenue à la rédaction de ACTUALITE.CD ce vendredi 31 juillet 2026, elles ont appelé l'administration Trump à utiliser sans délai les fonds alloués par le Congrès aux programmes de planification familiale volontaire afin de distribuer les produits de planification familiale déjà acquis et de soutenir les cliniques du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) opérant dans la région.
Dans leur lettre, les sénateurs ont souligné le bilan catastrophique d'Ebola chez les femmes enceintes et ont averti que les conflits et les déplacements de population en Ituri et au Nord-Kivu, conjugués à l'augmentation des violences sexistes et sexuelles et au recours au sexe transactionnel et de survie, aggravent l'épidémie.
« Ebola pendant la grossesse est catastrophique, avec un taux de mortalité fœtale proche de 100 % et un risque de mortalité maternelle catastrophique dû à de graves hémorragies. En offrant aux femmes la possibilité de prévenir volontairement les grossesses non désirées, de se protéger de la transmission du virus et d'accéder à des centres de dépistage, les États-Unis peuvent prévenir de nouveaux décès de femmes et la mort certaine et cruelle de tout fœtus exposé au virus », ont écrit les sénateurs.
Poursuivant leur correspondance, ces senateurs rappellent l'importance d'intégrer la planification familiale dans la réponse américaine contre Ebola. Selon eux, l'objectif poursuivi est de réduire la mortalité maternelle et infantile.
« L’intégration de la planification familiale à la réponse américaine au virus Ebola, notamment la distribution de préservatifs et de contraceptifs hormonaux, la prise en charge des victimes de viol et l’accès à des médicaments anti-hémorragiques essentiels pour la santé maternelle, est primordiale. Le Congrès, de manière bipartite, soutient les programmes de planification familiale volontaire car ces programmes soutiennent les familles et contribuent à réduire la mortalité maternelle et infantile. En Afrique de l’Est, l’accès à la planification familiale est actuellement crucial pour protéger les femmes et les bébés et limiter la transmission du virus », ont poursuivi les sénateurs.
Alors que le virus progresse à une vitesse inquiétante au regard du nombre élevé des cas confirmés et des morts, ces sénateurs estiment que celà ne laisse aucune place au retard dans la mise en œuvre de toutes les interventions possibles pour sauver des vies et prévenir la transmission du virus.
« La propagation rapide du virus, avec plus de 2 000 cas confirmés et 796 décès confirmés cette semaine en RDC, ne laisse aucune place au retard dans la mise en œuvre de toutes les interventions possibles pour sauver des vies et prévenir la transmission du virus. Le coût de la réponse américaine approche le milliard de dollars. Investir dès maintenant dans la planification familiale volontaire est non seulement moralement urgent, mais aussi financièrement rationnel », ont souligné les sénateurs.
Cette démarche intervient alors que la République démocratique du Congo fait face à sa 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola. Deux mois après sa déclaration, l'apparition de nouveaux cas dans plusieurs provinces porte désormais à cinq le nombre de provinces touchées : l'Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, la Tshopo et le Haut-Uele.
Malgré l'expérience acquise lors des précédentes épidémies, la riposte reste confrontée à de nombreux obstacles. En Ituri notamment, des mouvements de grève des prestataires et du personnel de santé ont perturbé certaines opérations. Les grévistes dénoncent des retards dans le paiement de leurs primes, des conditions de travail difficiles ainsi que le non-respect de plusieurs engagements pris à leur égard.
À ces difficultés s'ajoute une insécurité persistante dans plusieurs zones affectées, compliquant le déploiement des équipes sanitaires. Certains centres de traitement ont même été visés par des attaques de groupes armés, illustrant la complexité de la lutte contre cette nouvelle épidémie d'Ebola.
Clément MUAMBA