L'archevêque Albert Kankienza est revenu, mercredi, lors du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, sur les critiques visant les liens jugés trop étroits entre certains leaders des Églises de réveil et le pouvoir en place.
Interrogé sur l'accusation récurrente de « pasteurs de cour » qui viserait certains responsables des Églises de réveil, Albert Kankienza a d'abord tenu à replacer le débat dans une perspective historique. Selon lui, la proximité entre religion et pouvoir n'a rien d'inédit en République démocratique du Congo : de l'époque coloniale jusqu'à l'arrivée de Mobutu, c'est l'Église catholique qui a longtemps bénéficié des faveurs de l'État, terrains, subventions, offrandes, sans que cela ne suscite, à l'époque, les mêmes critiques. Il a également rappelé que les baptistes, les protestants et les kimbanguistes ont, chacun à leur tour, entretenu des relations privilégiées avec le pouvoir.
Pour l'archevêque, le reproche adressé aujourd'hui aux Églises de réveil relève donc d'un « faux débat », voire, selon ses mots, d'une forme de « méchanceté ». Il a défendu le principe biblique qui recommande de prier pour les autorités et de leur parler avec vérité, amour et respect, une posture qu'il estime être celle adoptée par les Églises de réveil, contrairement, selon lui, à d'autres confessions.
Le pasteur Kankienza a ensuite établi un parallèle explicite avec l'Église catholique, qu'il perçoit comme davantage alignée sur l'opposition politique actuelle. Il a affirmé ne rien avoir contre les catholiques personnellement, mais a estimé que les critiques visant les pasteurs de réveil traduisent avant tout une comparaison implicite entre deux postures : une Église catholique proche de l'opposition, et des pasteurs de réveil proches du pouvoir.
Il a, par ailleurs, suggéré que si le président Félix Tshisekedi avait été catholique, à l'image de Mobutu ou de Kasa-Vubu, l'Église catholique aurait accueilli favorablement cette proximité. Pour l'archevêque, le malaise exprimé par certains milieux tiendrait précisément au fait que le chef de l'État, de sensibilité évangélique et de réveil, s'entoure de pasteurs souvent qualifiés, selon lui avec dédain, de « pasteurs de sectes ».
Concluant son propos, Kankienza a invité ses détracteurs à accepter ce qu'il présente comme une alternance naturelle des influences religieuses au sommet de l'État congolais. Chaque courant confessionnel aurait eu, selon lui, sa « saison » d'influence, hier l'Église catholique, aujourd'hui les Églises de réveil, et il a appelé à une acceptation sereine de cette réalité, qu'il a qualifiée de manifeste.