La République démocratique du Congo présente la candidature du Professeur Ézéchiel Amani Cirimwami aux fonctions de juge à la Cour pénale internationale (CPI). L’annonce a été faite ce dimanche 26 juillet 2026 par le gouvernement de la République, à travers le ministère de la Communication et des Médias, dans un contexte marqué par de fortes tensions entre l’institution judiciaire internationale et l’administration Trump.
Ces tensions se manifestent notamment par la position de Washington, après que le secrétaire d’État américain Marco Rubio a annoncé le lancement d’une vaste campagne diplomatique visant à « démanteler » ce que le département d’État américain considère comme une menace pour la souveraineté des États-Unis. Cette situation intervient également alors que les États parties au Statut de Rome ont révoqué le Procureur de la CPI, Karim Khan, à l’issue d’une procédure disciplinaire liée à des allégations d’inconduite sexuelle.
Cette annonce intervient en prélude à la vingt-cinquième session de l’Assemblée des États Parties au Statut de Rome, prévue du 7 au 17 décembre 2026 au siège des Nations Unies à New York. Cette session portera notamment sur l’élection de nouveaux juges de la Cour pénale internationale ainsi que sur l’examen du budget de l’institution.
Pour Kinshasa, cette candidature s’inscrit dans le cadre de son attachement aux principes du Statut de Rome et de son engagement en faveur de la primauté du droit, du multilatéralisme et d’une justice internationale indépendante, impartiale et efficace.
« Cette candidature traduit l’attachement constant de la République démocratique du Congo aux principes du Statut de Rome ainsi que son engagement en faveur de la primauté du droit, du multilatéralisme et d’une justice internationale indépendante, impartiale et efficace. Elle repose sur la conviction que la lutte contre l’impunité, la protection des victimes, le respect des droits de la défense et les garanties d’un procès équitable sont indissociables d’une paix durable » indique le communiqué du ministère de la Communication et des Médias, dirigé par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya.
Selon le document du gouvernement, magistrat de carrière, enseignant en droit international et praticien du contentieux international, le Professeur Ézéchiel Amani Cirimwami dispose de plus de quinze années d’expérience juridique. Il a exercé les fonctions de juge et occupe actuellement celles de procureur en République démocratique du Congo, tout en intervenant comme conseil devant plusieurs juridictions internationales.
Pour le gouvernement, son profil combine une solide expérience judiciaire nationale, une pratique du contentieux international, un engagement universitaire ainsi qu’une contribution à l’évolution du droit international, notamment en qualité de délégué plénipotentiaire et de membre du Comité de rédaction lors de la Conférence diplomatique de Ljubljana.
« Cette expérience multidimensionnelle lui confère une compréhension concrète des exigences liées à la fonction judiciaire, notamment en matière d’évaluation des preuves, de conduite des procédures, de motivation des décisions et de travail collégial. Son parcours témoigne des qualités de compétence, d’indépendance, d’impartialité et d’intégrité requises pour exercer les fonctions de juge à la Cour » souligne le gouvernement de la RDC.
Dans le même registre, la République démocratique du Congo, par l’intermédiaire de son gouvernement, soumet cette candidature à l’appréciation souveraine des États Parties et les remercie de l’attention qu’ils voudront bien lui accorder. Selon le ministère de la Communication et des Médias, Kinshasa réaffirme sa détermination à contribuer, aux côtés des autres États membres, au renforcement de l’indépendance, de l’autorité et de l’efficacité de la Cour, dans le respect de son mandat et du Statut de Rome.
Créée en 2002 à la suite de l’adoption du Statut de Rome, la Cour pénale internationale (CPI) est une juridiction internationale permanente chargée de poursuivre les auteurs présumés des crimes les plus graves qui touchent la communauté internationale. Elle a pour mission de juger les responsables de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, de génocide et du crime d’agression.
Toutefois, la CPI ne dispose pas de sa propre force d’arrestation et dépend de la coopération des États, notamment des 125 pays ayant ratifié son Statut, pour faire exécuter ses décisions. Certains États n’ont pas adhéré à la Cour, parmi lesquels les États-Unis et Israël, qui ont signé le Statut de Rome en 2000 sans jamais le ratifier.
En 2025, les autorités américaines ont imposé des sanctions visant neuf membres du personnel de la CPI, dont des juges, le Procureur et des procureurs adjoints, en lien avec leur implication dans des enquêtes portant sur de possibles crimes de guerre impliquant Israël et les États-Unis.
La création de la CPI répond à l’objectif de rendre justice aux victimes des atrocités les plus graves, conformément à l’esprit du Statut de Rome, qui évoque les millions d’enfants, de femmes et d’hommes victimes de crimes « qui heurtent profondément la conscience de l’humanité ». Première juridiction pénale internationale permanente fondée sur un traité, la CPI est chargée d’enquêter et de poursuivre les personnes soupçonnées d’avoir commis des crimes relevant de sa compétence.
Clément MUAMBA