Le gouvernement congolais a annoncé dimanche la candidature du professeur et magistrat Ézéchiel Amani Cirimwami aux fonctions de juge à la Cour pénale internationale (CPI), dont l’élection est prévue en décembre 2026.
Le scrutin doit se tenir lors de la vingt-cinquième session de l’Assemblée des États parties au Statut de Rome, selon un communiqué du ministère congolais de la Communication et des Médias.
Présentée au titre de la « liste B », réservée aux candidats disposant d’une compétence reconnue dans des domaines pertinents du droit international, sa candidature met notamment en avant son expertise en droit international public, en droit pénal international, en droit international humanitaire et en droits humains.
Né le 11 décembre 1983 et de nationalité congolaise, Ézéchiel Amani Cirimwami est titulaire de deux doctorats en droit obtenus conjointement à l’Université catholique de Louvain (UCLouvain) et à la Vrije Universiteit Brussel (VUB). Sa thèse porte sur l’obligation d’extrader ou de poursuivre les auteurs de crimes internationaux. Soutenue en 2023, elle a été publiée en 2025.
Magistrat depuis 2009, il a notamment exercé comme vice-procureur de la République, puis comme juge entre 2016 et 2023. Il occupe depuis juin 2023 les fonctions de procureur de la République, selon son curriculum vitae.
Il enseigne également le droit international à la VUB et intervient comme professeur invité à l’UCLouvain et à l’École royale militaire de Belgique. Il a auparavant travaillé comme chercheur à l’Institut Max Planck Luxembourg de droit procédural international, européen et réglementaire, de 2019 à 2023.
Le juriste congolais a par ailleurs participé à plusieurs procédures internationales impliquant la RDC. Il fait partie de l’équipe représentant Kinshasa dans l’affaire opposant la RDC au Rwanda devant la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples.
Il est également intervenu comme conseil de l’État congolais devant la Cour internationale de Justice, notamment dans la procédure consultative sur les obligations des États en matière de changement climatique et dans l’intervention de plusieurs États dans l’affaire relative à l’application de la Convention sur le génocide opposant la Gambie à la Birmanie.
Entre 2018 et 2022, il avait assisté l’équipe de la RDC dans la phase des réparations de l’affaire des activités armées sur le territoire congolais, qui opposait Kinshasa à l’Ouganda devant la Cour internationale de Justice.
En 2023, il a représenté la RDC comme délégué plénipotentiaire lors des négociations de la Convention de Ljubljana-La Haye sur la coopération internationale en matière d’enquête et de poursuite du génocide, des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre. Il a également été membre du comité chargé de la rédaction juridique du texte.
Le gouvernement congolais estime que cette expérience lui confère une connaissance des exigences de la fonction judiciaire, notamment en matière d’évaluation des preuves, de conduite des procédures et de motivation des décisions.
Cette candidature traduit, selon Kinshasa, l’attachement de la RDC aux principes du Statut de Rome ainsi que son engagement en faveur de la lutte contre l’impunité, de la protection des victimes et du respect des garanties d’un procès équitable.
L’UCLouvain, qui avait salué sa désignation en avril, souligne pour sa part le rôle joué par les universitaires dans la promotion de la justice internationale.