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Mwenga : la Justice se saisit du dossier de l'exploitation illicite des ressources minières et promet de faire la lumière sur les réseaux de fraude 

Creuseurs

Dans l'est de la République démocratique du Congo, la province du Sud-Kivu, riche en ressources naturelles, continue de faire face à une recrudescence de l'exploitation illicite des minerais ainsi qu'aux risques sécuritaires qui en découlent. Ce phénomène est observé aussi bien dans les zones sous contrôle de la rébellion de l'AFC/M23 que dans celles administrées par le gouvernement congolais, appelant des mesures urgentes de la part des autorités compétentes.

Cette problématique a été au centre des échanges entre Trésor Lutala Mutiki, député national élu de Mwenga (Sud-Kivu), et le ministre d'État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa. Membre du groupe parlementaire Alternative divine ainsi que de la Commission Environnement, Tourisme, Ressources naturelles et Développement durable, l'élu est venu alerter le ministre sur l'urgence d'ouvrir des enquêtes concernant l'exploitation illicite des ressources minières, dont les retombées ne profitent pas aux populations locales.

À l'issue de cette audience, indique la cellule de communication du ministère de la Justice, le député a affirmé avoir obtenu l'engagement du ministre d'ordonner des enquêtes afin de faire toute la lumière sur ce dossier touchant un secteur stratégique de la vie nationale.

« Je viens de Mwenga où j'ai constaté la réalité du terrain. Je suis venu dénoncer l'exploitation illicite des minerais par des ressortissants étrangers, avec la complicité de certains Congolais, ainsi que la dégradation de la situation judiciaire dans mon territoire, marquée notamment par le manque d'infrastructures et l'insuffisance du personnel judiciaire », a déclaré Trésor Lutala à l'issue de l'entretien;

Selon le député, cette exploitation illégale concerne notamment les zones de Kamituga et de Lugushwa, où plusieurs sociétés, dont certaines de droit chinois, opéreraient en dehors du cadre légal avec l'appui de réseaux impliquant des autorités civiles et militaires.

« Ces minerais ne profitent pas à nos populations. Il n'y a aucune traçabilité et tout cela se fait sous la protection de certains éléments des forces de sécurité. Les militaires comme les civils impliqués dans cette exploitation illicite doivent être identifiés et sanctionnés », a-t-il plaidé, estimant que ces activités alimentent les circuits de fraude et servent des intérêts contraires à ceux de la République.

En réaction à ces dénonciations, le ministre de la Justice s'est engagé à agir dans le cadre de ses attributions. Selon le député, Guillaume Ngefa a instruit ses services de préparer les actes nécessaires en vue de prendre des injonctions à l'endroit des parquets et des juridictions compétentes afin d'ouvrir des enquêtes sur les sociétés installées illégalement ainsi que sur les éventuelles complicités ayant favorisé l'exploitation illicite des ressources minières de Mwenga.

« Le ministre m'a assuré que, conformément aux orientations arrêtées lors du dernier Conseil des ministres, il donnera les injonctions nécessaires afin que des enquêtes soient menées sur toutes ces sociétés qui exploitent nos minerais sans aucune retombée pour la population », a affirmé Trésor Lutala.

Se disant satisfait de la réaction du ministre de la Justice, le député de Mwenga s'est montré confiant quant à l'aboutissement des enquêtes annoncées.

« La réaction du ministre a été très positive. Séance tenante, il a demandé à ses services de travailler avec nous afin qu'une injonction soit prise et que les services compétents enquêtent sur toutes les implications, directes ou indirectes, dans ce dossier. Je suis convaincu que cette implication permettra enfin à la population de Mwenga de bénéficier des richesses de son sous-sol », a-t-il souligné lors de son intervention.

Cette démarche s'inscrit dans le prolongement des décisions prises lors du Conseil des ministres du 10 juillet 2026, au cours duquel le président de la République, Félix Tshisekedi, avait ordonné la fin de toute militarisation illégale des sites miniers ainsi que le démantèlement des réseaux de fraude et d'exploitation illicite des ressources minières. Il avait également exigé des sanctions exemplaires contre les auteurs de ces pratiques, dans un contexte où la RDC, pourtant riche en ressources naturelles, voit une grande partie de sa population vivre dans la précarité, tandis que l'exploitation illicite des minerais continue d'alimenter les conflits armés dans l'est du pays.

Parallèlement, à l'initiative de la République démocratique du Congo, qui assure la présidence du Conseil de sécurité des Nations unies durant le mois de juillet, une réunion en formule Arria s'est tenue le lundi 13 juillet 2026 afin d'évaluer les insuffisances du cadre normatif international en matière de ressources naturelles et de paix.

À travers la ministre d'État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Francophonie et des Congolais de l'étranger, Thérèse Kayikwamba Wagner, la RDC plaide pour une approche internationale plus cohérente afin d'empêcher que les ressources naturelles ne continuent d'alimenter les conflits armés. L'objectif de cette rencontre était d'établir un diagnostic partagé sur les liens entre ressources naturelles, conflits et consolidation de la paix.

Pour Thérèse Kayikwamba Wagner, les ressources naturelles ne constituent pas en elles-mêmes une cause inévitable de conflits. Leur impact dépend avant tout de la manière dont elles sont gouvernées et gérées. Dans la continuité des efforts entrepris par Kinshasa pour réformer ce secteur stratégique, une nouvelle réunion de haut niveau est prévue ce mercredi 22 juillet 2026 aux Nations-Unies

Clément MUAMBA