Interrogé vendredi lors du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala sur les leviers susceptibles de détourner Kigali de son action dans l'est de la République démocratique du Congo, le professeur Bob Kabamba a d'emblée écarté l'hypothèse. « Il n'y a pas moyen de désintéresser le Rwanda », a-t-il tranché, avant de répéter la formule pour en souligner le caractère définitif.
L'universitaire fonde ce constat sur la profondeur historique des liens entre les deux espaces. « Il y a ce qu'on appelle les interconnexions entre les deux pays. Elles existent depuis toujours », a-t-il expliqué, insistant sur la continuité des échanges entre les provinces orientales de la RDC et son voisin rwandais, une réalité de long terme que ni la diplomatie ni les rapports de force militaires ne suppriment.
Le politologue introduit toutefois une distinction décisive, qui déplace la question plutôt qu'elle ne l'écarte. « Le tout, c'est de voir dans quelle mesure on peut effectivement "désintéresser" le Rwanda, dans le sens de l'action militaire », a-t-il précisé. Autrement dit : l'objectif atteignable n'est pas de rompre une relation qui préexiste au conflit et lui survivra, mais de dissocier cette relation de son expression armée.
La seconde partie de la question posée à l'invité, les conditions d'un démantèlement de la rébellion qui contrôle Goma, Bukavu et plusieurs autres localités, n'a pas été abordée dans cet extrait.