« La définition même d'un "dialogue inclusif" implique nécessairement la participation de Kabila, la participation de Katumbi et la participation de Nangaa » : c'est en ces termes que le professeur de science politique Bob Kabamba Kazadi (Université de Liège) a tranché, vendredi lors du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, la question de savoir si un dialogue national pouvait se tenir sans ces trois figures de l'opposition congolaise.
L'analyste justifie cette position en détaillant le poids politique de chacun de ces acteurs. Joseph Kabila dispose, selon lui, d'une force politique qu'il a lui-même créée à travers le mouvement « Sauvons la RDC ». Moïse Katumbi s'appuie quant à lui sur « Ensemble pour la République », qui compte des élus au Parlement participant activement à l'exercice de l'opposition à Kinshasa. Quant à Corneille Nangaa, le professeur le présente comme un acteur incontournable sur le terrain, contrôlant selon lui entre 40 000 et 50 000 kilomètres carrés de territoire, pour une population administrée d'environ 12 millions de Congolais.
Pour le professeur Kabamba Kazadi, la résolution du conflit congolais passe d'abord par la définition d'un dénominateur commun autour de l'objectif même du dialogue, ainsi que par la participation effective des trois pôles qui structurent, selon lui, l'espace politique congolais : le pouvoir, l'opposition armée et l'opposition non armée. C'est à cette seule condition, insiste-t-il, que ce dialogue pourra véritablement apporter des réponses aux problèmes du pays , et non, prévient-il, servir de prétexte à une prolongation du mandat présidentiel au-delà de 2028.