Le manque de registres de naissance au bureau de l'état civil du secteur des Wanianga, en territoire de Walikale au Nord-Kivu, constitue depuis plusieurs mois une préoccupation majeure pour les autorités locales et les populations. Cette situation empêche l'enregistrement régulier des nouveau-nés, compromettant leur droit fondamental à une identité légale et leur accès futur à plusieurs services essentiels.
La question a été portée au plus haut niveau de l'administration provinciale à l'occasion de la mission officielle qu'effectue à Walikale le chef de division provinciale de l'Intérieur et Sécurité du Nord-Kivu, Batundi Mushaho Victor, arrivé dans le territoire le mercredi 22 juillet 2026 dans le cadre d'une tournée d'inspection, d'évaluation et de renforcement des services de l'État.
Au cours de sa visite au bureau du secteur des Wanianga, le jeudi 23 juillet, le chef de division s'est entretenu avec le chef de secteur, Dr Akilimali Bamwisho Descartes, qui n'a pas caché son inquiétude face à l'absence prolongée de registres de naissance.
"Depuis plusieurs mois, notre bureau de l'état civil ne dispose plus de registres de naissance. Cette situation empêche l'enregistrement normal des enfants qui naissent dans notre secteur. Pourtant, chaque enfant a droit à une identité dès sa naissance. Nous sollicitons l'appui de la hiérarchie afin que cette difficulté soit résolue dans les meilleurs délais," a plaidé Dr Akilimali Bamwisho Descartes.
Selon l'autorité sectorielle, cette rupture de registres entraîne des conséquences importantes sur la vie des enfants et de leurs familles. Sans acte de naissance, des nombreux enfants risquent de rencontrer d'importantes difficultés lors de leur inscription à l'école, de l'obtention de documents administratifs, de l'accès à certains services sociaux ou encore de la preuve de leur nationalité. À long terme, cette situation peut également favoriser les cas d'apatridie, en privant certains enfants de toute reconnaissance juridique officielle.
Au-delà du déficit en matériel, la mission provinciale a également été marquée par une séance de renforcement des capacités des agents de l'état civil, organisée afin d'améliorer la qualité des services offerts à la population. Les participants ont été sensibilisés sur les procédures légales d'enregistrement des naissances, la bonne tenue des registres, la conservation des archives et l'importance du respect des délais légaux de déclaration de naissance.
Cette formation s'inscrit dans la volonté du gouvernement de professionnaliser davantage les services de l'état civil et de garantir un enregistrement fiable de tous les faits d'état civil.
Réagissant à la préoccupation soulevée par le chef du secteur des Wanianga, Batundi Mushaho Victor s'est voulu rassurant. Il a promis que des dispositions seront prises rapidement afin de doter le bureau de l'état civil de nouveaux registres de naissance.
"Nous avons pris bonne note de cette difficulté. Les démarches nécessaires seront entreprises pour que le secteur des Wanianga soit approvisionné en registres de naissance dans les meilleurs délais. L'État reste engagé à garantir à chaque enfant son droit à une identité légale," a-t-il assuré.
Le chef de division a rappelé que cette démarche s'inscrit dans la politique nationale de modernisation de l'état civil et de lutte contre l'apatridie.
Pour les habitants du secteur des Wanianga, cette promesse fait renaître l'espoir de voir bientôt reprendre normalement les déclarations de naissance. Les familles espèrent que l'approvisionnement annoncé mettra fin à plusieurs mois de difficultés et permettra à chaque enfant de bénéficier, dès sa naissance, de son droit à une identité, première étape vers l'exercice de tous les autres droits fondamentaux.