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« Poursuite durable des hostilités » : Bob Kabamba ne croit pas à la désescalade

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L'accord de Washington ne débouchera pas sur une désescalade entre Kinshasa et Kigali. Interrogé vendredi lors du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala sur l'avenir d'un texte dont la mise en œuvre bute sur la question des FDLR et le retrait des troupes rwandaises, le professeur Bob Kabamba a tranché d'entrée : « Poursuite durable des hostilités. »

Son diagnostic tient moins aux textes qu'aux hommes. « Quand on connaît la région et ses dirigeants, on voit que lorsqu'il y avait entente entre les dirigeants des trois ou quatre pays de la région, il n'y avait pas de problème. Ils s'entendaient et réglaient les problèmes entre eux pour que chacun puisse s'en sortir », explique-t-il, citant les configurations successives : « On a eu ce cas avec Mobutu, Kayibanda et Michombero. Puis avec Mobutu, Habyarimana, Bagaza et Buyoya. » Une diplomatie de sommet, informelle mais efficace, qui empêchait selon lui toute tolérance à l'égard des groupes armés transfrontaliers.

Le renouvellement des générations dirigeantes a rompu ce mécanisme. « Les ententes se sont cassées. Et comme il n'y a plus d'entente, chacun règle ses problèmes avec les moyens qu'il a », observe le politologue, qui décrit une confrontation asymétrique : « Le Rwanda utilise essentiellement les moyens militaires. Le Congo, lui, n'a pas de moyens militaires, mais il a d'autres moyens : notamment la campagne anti-rwandaise menée au niveau international. Chacun utilise donc ses outils pour nuire à l'autre. »

D'où une sortie de crise qu'il situe hors de portée des dispositifs actuels. « S'il y a de nouveaux dirigeants qui entretiennent des relations axées sur la résolution des problèmes entre eux, cela permettra une accalmie claire dans la région et on pourra espérer une dynamique de paix », estime-t-il, rappelant que « la région a quand même connu une dynamique de paix pendant plusieurs années avant qu'elle ne se détériore avec le génocide de 1994 ».