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Rutshuru : à Kiwanja, la hausse du prix du carburant fait exploser les coûts de production agricole

Un champ de maïs dans le territoire de Mambasa/Ph ACTUALITE.CD

À Kiwanja, dans le territoire de Rutshuru au Nord-Kivu, la hausse du prix du carburant commence à peser lourdement sur les coûts de production agricole. Les tarifs appliqués pour le labour des champs et l'évacuation des récoltes ont été revus à la hausse, une situation qui inquiète les cultivateurs à l'approche de la nouvelle saison culturale.

Les propriétaires de tracteurs expliquent que cette augmentation est directement liée à la flambée du prix du carburant observée ces dernières semaines. Selon un gérant de tracteurs interrogé à Kiwanja, les dépenses en carburant ont fortement augmenté, rendant inévitable la révision des prix de leurs prestations.

« Lors des saisons précédentes, nous achetions 20 litres de carburant à 27 dollars. Aujourd'hui, avec la hausse des prix consécutive au conflit entre les États-Unis et l'Iran, ces 20 litres coûtent environ 90 000 francs congolais, soit près de 40 dollars. Nous avons donc été contraints de faire passer le coût du labour d'un quart d'hectare de 25 à 30 dollars. Quant au transport du maïs, une course facturée auparavant 40 dollars revient désormais à 50 dollars », explique-t-il à ACTUALITE.CD.

Cette hausse des coûts suscite de vives inquiétudes chez les cultivateurs, qui estiment que leurs revenus ne suivent pas l'évolution des charges, alors que d’après eux, le marché du maïs devient peu rémunérateur ne leur permettant plus de couvrir les dépenses liées à la production.

« Les 30 ou 35 dollars demandés pour labourer un quart d'hectare représentent une somme énorme pour nous. Le maïs se vend à un prix très faible. Pour obtenir 40 dollars, nous devons céder près d'un sac et demi de maïs. À ce rythme, nous avons l'impression de travailler davantage pour les propriétaires des terres que pour nourrir nos familles », témoigne un agriculteur de Kiwanja.

Face à cette situation, plusieurs paysans affirment qu'ils pourraient renoncer à utiliser les tracteurs cette saison, faute de moyens financiers. Ils redoutent que cette hausse des coûts de mécanisation n'entraîne une baisse des superficies cultivées et, à terme, une diminution de la production agricole dans cette partie du territoire de Rutshuru.