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Partenariat stratégique RDC-USA: Washington vante « des progrès » d'un accord qui mise sur le potentiel économique de la RDC et crée un climat favorable aux investissements américains

Tshisekedi et Trump

Alors qu'en République démocratique du Congo, une frange de la classe sociopolitique critique l'accord de partenariat stratégique conclu entre Washington et Kinshasa le 4 décembre 2025, le qualifiant de « bradage » contraire aux intérêts du pays, ce texte a une nouvelle fois été défendu par la représentante permanente adjointe des États-Unis auprès des Nations Unies, Tammy Bruce, lors du débat public de haut niveau du Conseil de sécurité consacré au thème : « La gouvernance des ressources naturelles, fondement de la paix, de la sécurité et de la prospérité ».

À cette occasion, l'ambassadrice Tammy Bruce a salué, ce mercredi 22 juillet 2026, l'initiative de la République démocratique du Congo, qui assure la présidence du Conseil de sécurité pour le mois de juillet, d'avoir inscrit cette thématique à l'ordre du jour des travaux. Selon elle, cette rencontre constitue une occasion de promouvoir une approche intégrée faisant des ressources naturelles un levier de prévention des conflits, de coopération internationale, de développement durable et de prospérité partagée.

« Une gestion responsable et stratégique des ressources naturelles peut favoriser la paix, attirer les investissements et générer une prospérité partagée. Les parties prenantes doivent reconnaître le lien étroit entre la gouvernance des ressources naturelles et la prévention des conflits. En décembre 2025, le président Trump a pris des mesures et a négocié les Accords de Washington pour la paix et la prospérité entre la RDC et le Rwanda, s'appuyant sur l'Accord de paix de Washington signé en juin 2025 », a-t-elle rappelé lors de son intervention.

Pour l'ancienne porte-parole du Département d'État américain, cette réalisation, qu'elle qualifie d'« historique », représente une opportunité de garantir une sécurité et une prospérité durables aux populations de la région des Grands Lacs. Tammy Bruce a également souligné que l'Accord de partenariat stratégique États-Unis–RDC vise à valoriser le potentiel économique congolais tout en renforçant les investissements américains ainsi que ceux des pays partenaires.

« Pour consolider ces progrès, l'Accord de partenariat stratégique États-Unis–RDC exploite le potentiel économique de la RDC en créant les conditions favorables aux investissements américains et à ceux de pays alliés. Il s'agit notamment d'encourager et de soutenir l'engagement américain dans les infrastructures d'exportation congolaises et de contribuer à la formation d'une main-d'œuvre qualifiée, en offrant des emplois de qualité dans tout le pays. L'accord de partenariat stratégique offre la possibilité d'une croissance tangible, de stabilité et de prospérité pour les peuples congolais et américain, et nous constatons déjà des progrès », a-t-elle souligné.

Pour étayer ses propos sur les progrès déjà enregistrés, la diplomate américaine a cité le corridor de Lobito. En République démocratique du Congo, ce projet a notamment franchi une étape importante lorsque, lors de sa 94ᵉ réunion, le Conseil des ministres a approuvé un partenariat public-privé (PPP) avec Mota-Engil S.A. pour la réhabilitation de la ligne ferroviaire reliant Dilolo, Kolwezi, Lubumbashi et Sakania.

L'ambassadrice a insisté sur l'importance du corridor de Lobito, qu'elle présente comme un projet stratégique pour l'intégration économique régionale.

« Cela se manifeste clairement dans nos efforts et notre engagement envers le corridor de Lobito, un projet d'infrastructure transformateur qui améliorera la connectivité régionale, sécurisera les chaînes d'approvisionnement en minéraux critiques et stimulera une croissance économique durable en reliant la RDC au port de Lobito, en Angola, sur l'océan Atlantique. Le corridor de Lobito ouvrira de nouvelles perspectives pour le commerce bilatéral entre l'Afrique centrale, les États-Unis et l'Europe », a-t-elle fait remarquer lors de son intervention. 

Cette communication intervient dans le prolongement des engagements pris en marge de l'officialisation de l'Accord de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda. Un tournant majeur avait été franchi le 4 décembre 2025 dans les relations bilatérales entre Kinshasa et Washington. Sous la conduite du président Félix-Antoine Tshisekedi, la RDC, représentée par le vice-Premier ministre et ministre de l'Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, ainsi que par la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, avait signé une série d'accords structurants avec les États-Unis, dont un Accord économique stratégique et un mémorandum d'entente sécuritaire, consacrant un approfondissement sans précédent du partenariat entre les deux nations. 

Signé dans un contexte mondial marqué par la sécurisation des chaînes d'approvisionnement en minerais critiques, l'Accord stratégique RDC–États-Unis instaure un partenariat à long terme reposant sur trois piliers majeurs. Le premier concerne la sécurité des minerais stratégiques et la création d'une réserve d'actifs stratégiques, le Strategic Asset Reserve (SAR). L'accord prévoit un cadre transparent pour la gestion des ressources minières du pays et offre aux investisseurs américains un droit de premier regard sur les projets intégrés à cette réserve. Il garantit également aux États-Unis un accès sécurisé à des minerais essentiels tels que le cobalt, le cuivre et le germanium.

Par ailleurs, la mise en place d'une Strategic Minerals Reserve (SMR) vise à stabiliser les marchés, à encourager la transformation locale des minerais et à contribuer au développement économique durable de la République démocratique du Congo. Les États-Unis s'engagent également à soutenir la modernisation du corridor Sakania-Lobito, le développement du Grand Inga, l'industrialisation des zones minières ainsi que la création de nouveaux corridors d'exportation. 

L'accord Washington et Kinshasa prévoit en outre une réforme approfondie du cadre fiscal et administratif afin de sécuriser les investissements, la mise en place d'un guichet unique pour les opérateurs économiques, la lutte contre l'exploitation illicite des minerais et la formalisation du secteur minier artisanal. 

Clément MUAMBA