Ebola : Cyril Ramaphosa appelle à convertir les promesses en financements, en assistance technique et en déploiement de contre-mesures médicales face à l'urgence de la riposte

Centre de traitement d'Ebola/Photo d'illustration
Centre de traitement d'Ebola/Photo d'illustration

Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a séjourné, jeudi 2 juillet 2026, à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, dans le cadre d'une visite officielle de solidarité en sa qualité de Champion de l'Union africaine pour la préparation, la prévention et la riposte aux pandémies (PPPR). Cette mission de haut niveau intervient dans un contexte marqué par la résurgence, pour la 17ᵉ fois, de l'épidémie d'Ebola dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l'Ituri, dans l'Est de la République démocratique du Congo.

Alors que la riposte contre cette épidémie nécessite des moyens financiers colossaux, le président sud-africain a appelé, en présence de son homologue Félix Tshisekedi, de Jean Kaseya, directeur général d'Africa CDC, et de plusieurs autres partenaires de la RDC, à la matérialisation des promesses et des engagements pris par différents États ainsi que par les partenaires de la République démocratique du Congo et du continent africain. Il a rappelé que, le 16 juin, le président burundais Évariste Ndayishimiye, en sa qualité de président en exercice de l'Union africaine, avait convoqué un sommet virtuel réunissant les dirigeants africains et leurs partenaires afin de délibérer sur une réponse mondiale.

D'après Cyril Ramaphosa, qui est également président en exercice de la SADC, une organisation régionale à laquelle la République Démocratique du Congo appartient également, cette réunion avait permis de mobiliser environ 1,5 milliard de dollars américains en financements, en soutien technique, en contre-mesures médicales et en aide humanitaire.

« Nous devons convertir rapidement les promesses faites en financements, en assistance technique et en déploiement de contre-mesures médicales dont nous avons un besoin urgent. Nous avons besoin d'un cessez-le-feu pour permettre le passage en toute sécurité de l'aide humanitaire, du personnel de santé et des fournitures médicales vers les communautés touchées. Nous appelons chaque communauté à soutenir et à protéger nos soignants et bénévoles en première ligne. Ils risquent leur vie pour sauver celle des autres et ne doivent jamais avoir à subir la peur, la stigmatisation ou la violence lorsqu'ils servent la population », a déclaré le chef de l'État sud-africain, Cyril Ramaphosa.

Selon le chef de l'État sud-africain, il est significatif que, sur ce montant, plus de 100 millions de dollars aient été promis par les pays africains eux-mêmes. À l'en croire, cela reflète l'esprit de solidarité et de coopération qui continue d'animer le continent dans la poursuite de la souveraineté sanitaire africaine.

« Compte tenu de l'ampleur de ce défi et de l'urgence avec laquelle nous devons contenir l'épidémie, soigner les personnes infectées et soutenir celles qui sont touchées, il sera essentiel que ces ressources soient bien gérées. Nous saluons la mise en place d'un tableau de bord de suivi des fournitures médicales, réalisé avec le soutien de l'Organisation mondiale de la santé, ainsi que les mécanismes d'inventaire et de coordination des dons qui renforceront la transparence, la redevabilité et l'alignement des contributions des partenaires », a fait savoir Cyril Ramaphosa.

Par ailleurs, Cyril Ramaphosa s'est dit optimiste quant à la possibilité de venir à bout de cette épidémie, au regard du nombre encourageant de personnes guéries. Il a également émis le vœu que cette épidémie ne se propage pas à d'autres régions du continent.

« Malgré les défis qui nous attendent, nous puisons notre espoir dans le dévouement et l'engagement de tous les partenaires réunis ici aujourd'hui. Ayant constaté la guérison de patients atteints de cette maladie, nous sommes encouragés par le fait que la poursuite du développement de médicaments et de vaccins donnera des résultats encore plus prometteurs et améliorera les taux de guérison. Nous espérons que le virus restera contenu et ne menacera pas d'autres régions de notre continent ni du monde » a-t-il déclaré lors de son discours.

Et de poursuivre :

« Nous espérons également que les perturbations dans la vie quotidienne et les moyens de subsistance seront minimes, et que la croissance économique ainsi que la stabilité sociale se poursuivront au-delà de ce choc sanitaire. Nous sommes conscients des sérieux défis auxquels nous sommes encore confrontés. Nous accordons une grande importance à cet engagement, car vos expériences et vos points de vue sont essentiels pour garantir que nos interventions politiques soient ancrées dans les réalités vécues par les intervenants de première ligne et les communautés touchées».

À ce jour, plus de 100 millions de dollars ont été promis par les États membres de l'Union africaine pour alimenter le Fonds africain pour les épidémies. À l'échelle mondiale, les engagements financiers destinés à soutenir la lutte contre Ebola dépassent désormais 910 millions de dollars américains. D'après la présidence Sud africaine, l'Afrique du Sud, pour sa part, avait annoncé une contribution de 13,5 millions de dollars américains.

Le 17 mai, soit deux jours après la déclaration officielle de l’épidémie en RDC, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a classé la flambée d’Ebola causée par la souche Bundibugyo, qui s’est ensuite propagée à l’Ouganda, comme une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI).

Selon l’OMS, l’épidémie a connu une expansion géographique et son ampleur réelle pourrait être sous-estimée. La situation est notamment aggravée par la forte mobilité des populations, la fragilité des systèmes de santé, l’insuffisance des infrastructures sanitaires, les difficultés d’accès à certaines zones affectées par les conflits armés, ainsi que l’absence de vaccin et de traitement spécifique contre cette souche du virus.

Malgré ce contexte préoccupant, les autorités de la RDC se veulent rassurantes et rejettent tout discours alarmiste. Elles mettent en avant les efforts déployés en collaboration avec les partenaires nationaux et internationaux afin de contenir l’épidémie. Elles rappellent également l’expérience acquise par le pays dans la gestion des crises sanitaires, la RDC ayant déjà fait face à seize précédentes épidémies d’Ebola, toutes maîtrisées au terme d’importantes opérations de riposte

Clément MUAMBA