L’augmentation continue du nombre de cas d’Ebola ne traduit pas uniquement une progression de l’épidémie. Pour le ministre de la Santé publique, Samuel Roger Kamba, elle reflète également une amélioration de la capacité des équipes de riposte à identifier les malades au sein des communautés.
Lors du briefing tenu jeudi soir à Bunia, le ministre a tenté d’apporter des explications sur la hausse du nombre de cas confirmés enregistrée depuis la déclaration de l’épidémie il y a un mois.
Alors que le cumul atteint désormais 896 cas confirmés, certains observateurs y voient une aggravation de la situation. Les épidémiologistes impliqués dans la riposte proposent cependant une autre lecture.
" Le nombre de personnes qui augmente est vu de deux manières. Les épidémiologistes voient cela comme une avancée de la riposte. Nous allons maintenant retrouver les cas qui sont dans la communauté et qu’éventuellement nous ne connaissions pas ", a expliqué Roger Kamba.
Selon lui, l’intensification des activités de recherche active permet aujourd’hui d’identifier davantage de personnes infectées qui échappaient jusque-là aux systèmes de surveillance.
" Cette activité de recherche active des malades devient de plus en plus importante. Du point de vue de la riposte, cela peut être considéré comme un élément positif ", a-t-il poursuivi.
Les autorités sanitaires estiment, en effet, que la détection rapide des cas constitue une étape essentielle pour interrompre les chaînes de transmission. Une personne identifiée à temps peut être isolée, prise en charge et ses contacts suivis avant que le virus ne se propage davantage.
Cette stratégie repose notamment sur le suivi communautaire. À ce jour, près de 6 000 personnes contacts sont surveillées par les équipes de la riposte, avec un taux de suivi évalué à 71 %, alors que l’objectif fixé est de 95 %.
Pour les experts, l’efficacité de cette surveillance dépend fortement de la collaboration des communautés, de l’acceptation des mesures sanitaires et du signalement rapide des personnes présentant des symptômes compatibles avec Ebola.
Alors que l’Ituri reste l’épicentre de l’épidémie, les autorités sanitaires espèrent que l’amélioration de la détection permettra, à terme, de mieux contrôler la maladie et de réduire le nombre de décès.
Freddy Upar, à Bunia