Gaming Tech Summit Africa 2026 : à Nairobi, la RDC renforce son engagement en faveur de la modernisation et de la régulation du secteur des jeux d'argent

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Gaming Tech Summit Africa (GTSA)

La République démocratique du Congo a pris part, à Nairobi, au Kenya, à la troisième édition du Gaming Tech Summit Africa (GTSA), l'un des principaux cadres africains de réflexion sur l'avenir de l'industrie des jeux et des paris. Cette rencontre annuelle a permis aux organisateurs d'orienter les discussions autour du thème : "Construire une industrie du jeu technologique durable et évolutive en Afrique", avec des sujets prioritaires tels que la fiscalité, la protection des consommateurs, la lutte contre les opérateurs illégaux ainsi que le rôle des paiements numériques dans les marchés en pleine croissance des paris et des jeux en ligne.

Le GTSA 2026 a réuni, du mardi 2 au jeudi 4 juin 2026, l'ensemble des acteurs de l'écosystème décisionnel, notamment les organismes de réglementation, les ministères, les opérateurs agréés, les fintechs, les fournisseurs de solutions RegTech, ainsi que des experts juridiques et autres spécialistes, afin d'examiner les défis structurels, juridiques et opérationnels auxquels est confrontée l'industrie du jeu en Afrique. Ces assises interviennent dans un contexte marqué par la forte croissance du secteur africain du jeu, portée par l'adoption accrue du mobile, le développement des portefeuilles numériques, l'amélioration de l'accès à Internet et la participation croissante des consommateurs sur les marchés émergents.

Mandatée par le ministre des Finances, la délégation congolaise, représentée par la Cellule de surveillance des jeux d'argent et de hasard (CSJA), a participé aux échanges portant notamment sur la fiscalité du secteur, l'innovation technologique, les systèmes de paiement numériques, la protection des joueurs, la conformité réglementaire, ainsi que la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

"À travers les différents panels, la République Démocratique du Congo a partagé son expérience et les réformes engagées pour promouvoir un environnement réglementaire moderne, transparent et conforme aux standards internationaux", rapporte le service de la Cellule de surveillance des jeux d'argent et de hasard (CSJA).

Cette participation à ces assises s'inscrit dans le cadre des réformes du secteur des jeux d'argent et de hasard engagées par le gouvernement de la République, à travers le ministère des Finances. Ces réformes visent à insuffler une nouvelle dynamique à ce secteur stratégique de la vie nationale, afin d'accroître les recettes de l'État et de renforcer le dispositif de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement illicite, dans un contexte où la RDC poursuit ses efforts pour sortir de la liste grise du Groupe d'action financière (GAFI).

Selon les responsables de la Cellule de surveillance des jeux d'argent et de hasard (CSJA), les échanges tenus à Nairobi au Kenya, au Kenya, ont permis de renforcer la coopération avec plusieurs autorités de régulation africaines et d'explorer de nouvelles perspectives de partenariats techniques au service d'une régulation plus efficace, innovante et adaptée aux défis du numérique.

Le processus de réforme de ce secteur a été enclenché depuis le gouvernement Sama Lukonde et à l'époque de Nicolas Kazadi comme ministre des Finances. Le secteur des jeux d'argent du pays génère plus d’un milliard de dollars de chiffre d'affaires annuel, pour seulement un million versé à l'État, avait révélé l’ancien ministre des Finances Nicolas Kazadi dans une interview accordée à quatre médias congolais. Cette disproportion est due, selon lui, à une prolifération d'opérateurs illégaux et à un manque de contrôle rigoureux.

En mars 2023, Nicolas Kazadi, ancien argentier national, avait signalé l'existence de 139 opérateurs illégaux ou irréguliers dans le secteur des jeux en RDC, déplorant l'absence de statistiques fiables sur leurs revenus. En 2022, les recettes fiscales issues de ce secteur n'ont atteint qu'un milliard de francs congolais (environ un million de dollars), un montant que Nicolas Kazadi jugeait "insuffisant" par rapport au potentiel économique.

Selon l'ancien ministre des Finances, la taille du marché actuel et des acteurs en présence donne des estimations supérieures à 100 millions USD au titre de la Taxe Unique sur les mises des parieurs une année après la mise en place d’une Autorité de Régulation dotée du Central Monitoring System (CMS).

Clément MUAMBA