Au lendemain de son séjour en République démocratique du Congo dans le cadre de l'appui apporté par son institution au gouvernement dans la riposte contre l'épidémie d'Ebola qui sévit dans les provinces de l'Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans l'Est du pays, le Directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a appelé à renforcer la mobilisation communautaire afin de venir à bout de cette épidémie meurtrière.
Dans une publication faite samedi 6 juin 2026 sur son compte X, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, patron de l'OMS a indiqué avoir eu, plus tôt dans la semaine, une réunion constructive avec le Président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, au sujet de l'épidémie d'Ebola causée par le virus Bundibugyo.
Le Dr Tedros a également évoqué sa visite effectuée le week-end précédent à Bunia, l'une des zones les plus touchées par l'épidémie. Il a souligné les progrès réalisés dans le renforcement des capacités de diagnostic et de prise en charge des patients, notamment grâce à la mise en service d'un centre de traitement Ebola construit par l'OMS et remis aux autorités sanitaires congolaises.
"Nous sommes d'accord : enrayer cette épidémie repose sur les communautés. Cela implique de mobiliser les responsables et les réseaux locaux, de garantir des funérailles dignes et respectueuses, de renforcer les mesures de prévention des infections et d'aider les personnes présentant des symptômes à consulter rapidement un médecin, car cela peut sauver des vies", a écrit le DG de l'OMS.
De manière encourageante, des patients ont déjà guéri et sont rentrés chez eux, a-t-il fait remarquer, preuve que le traitement précoce fonctionne et rappel de la raison pour laquelle nous devons atteindre chaque personne qui a besoin de soins.
"Nous avons également convenu que, même dans la lutte contre Ebola, les services de santé et humanitaires essentiels ne doivent pas être négligés et nécessitent toute l'attention nécessaire. J'ai salué le dévouement extraordinaire des agents de santé en première ligne en RDC et souligné qu'ils doivent bénéficier d'un soutien adéquat pour accomplir leur travail", à fait savoir le DG de l'OMS.
Et de poursuivre :
"En cette période critique, la communauté internationale doit soutenir la riposte menée par la RDC par une aide coordonnée et des ressources concrètes. Elle ne doit pas imposer de restrictions de voyage ou de commerce qui ne feraient que l'entraver. L'OMS maintiendra le cap jusqu’à la fin de cette épidémie, et nous utiliserons cette situation d’urgence pour construire un système de santé plus solide à travers le pays".
En date du 15 mai 2026, une épidémie d’Ebola a été confirmée dans la province de l’Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo, avant de s’étendre aux provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré cette épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale. Il s’agit d’une souche rare du virus pour laquelle il n’existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique.
Cette épidémie de maladie à virus Ebola, la 17ᵉ de l’histoire sanitaire de la RDC, intervient dans une région déjà fragile. La grave situation humanitaire dans l’Est du pays, où plus de 26 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, accroît davantage leur vulnérabilité. La malnutrition, les déplacements de populations et la fragilité des services de santé contribuent à un risque élevé d’infection et de mortalité.
À cela s’ajoutent l’activisme des groupes armés locaux et étrangers ainsi que les opérations militaires entre les forces gouvernementales et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, qui aggravent la vulnérabilité des populations de cette partie du pays, dans un contexte marqué par le statu quo des initiatives diplomatiques pilotées par les États-Unis d’Amérique et l’État du Qatar.
Clément MUAMBA