Ebola en RDC 20 jours après : 381 cas confirmés, taux de létalité autour de 17 %, le gouvernement note des progrès dans la riposte, l'amélioration du diagnostic et du traçage des cas

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Des volontaires de la Croix-Rouge

Vingt jours après la déclaration officielle de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, le ministre de la Santé publique, Samuel Roger Kamba, a dressé un état des lieux de la situation épidémiologique et des avancées enregistrées dans la riposte.

Selon les données communiquées lors du briefing de presse ce jeudi 4 juin, le pays compte actuellement 381 cas confirmés et 63 décès. Le ministre a précisé que ces chiffres permettent de calculer un taux de létalité désormais estimé à moins de 17 %, en nette évolution par rapport aux estimations initiales liées aux différents types du virus.

"À ce jour, nous sommes à 381 cas confirmés, nous ne sommes donc ni à 1 000 cas ni à 900 cas comme on le disait avant. Nous sommes à 381 cas. Sur ces 381 cas, nous comptons 63 décès. Vous vous rappelez qu’au début, je disais qu’Ebola Bundibugyo était moins létal qu’Ebola Zaïre, avec un taux de létalité compris entre 30 % et 50 %, alors qu’Ebola Zaïre peut atteindre 80 %. Aujourd’hui, nous constatons que nous sommes à moins de 17 % de létalité", a-t-il expliqué.

Dans les centres de traitement, environ 233 patients sont actuellement pris en charge, soit des cas confirmés, soit des cas suspects en attente de résultats. L’épidémie touche désormais 25 zones de santé, réparties entre 17 en Ituri, 7 au Nord-Kivu et une au Sud-Kivu.

"Nous avons environ 233 patients hospitalisés, soit parce qu’ils sont isolés en attendant les résultats des tests en raison de fortes suspicions, soit parce qu’ils sont effectivement malades", a précisé le ministre.

Amélioration du diagnostic et de la surveillance

En ce qui concerne les capacités de dépistage, le ministre a mis en avant les progrès réalisés dans les laboratoires et la fiabilité des tests utilisés. Il a estimé que le taux de faux négatifs est désormais inférieur à 2 %, grâce au renforcement des capacités techniques et à la disponibilité des intrants.

"Nous pouvons aujourd’hui communiquer des chiffres précis parce que nous utilisons une méthode de diagnostic performante. Nous avons pratiquement éliminé les faux négatifs. Aujourd’hui, nous avons moins de 2 % de faux négatifs. Cela signifie que lorsqu’un test est négatif, il est réellement négatif", a-t-il souligné.

Samuel Roger Kamba a également mentionné le renforcement des capacités de test, avec un accès élargi aux kits et aux équipements.

"Nous testons pratiquement tous les échantillons reçus. Notre capacité de testing est proche de 100 %", a-t-il assuré, évoquant notamment les appuis de partenaires internationaux. Parmi ces soutiens, il a cité la réception de plus de 4 000 kits fournis par Africa CDC ainsi que des appuis de la Banque mondiale et d’autres partenaires techniques et financiers.

Dans la zone de santé de Mongbwalu, considérée comme épicentre de l’épidémie, un laboratoire de proximité a été récemment installé pour accélérer les diagnostics. "Aujourd’hui, tous les échantillons reçus sont testés et analysés dans un délai de 24 heures", a-t-il indiqué.

Renforcement du traçage des contacts

Le ministre a également insisté sur les progrès réalisés dans le suivi des contacts des cas confirmés, un élément clé dans la riposte. Selon lui, cet effort permet d’identifier rapidement les personnes à risque et de limiter la propagation du virus.

"Lorsque nous avons commencé, nous étions autour de 9 % de tracing. Aujourd’hui, nous sommes à 55,5 %. Cela nous permet d’identifier les personnes potentiellement contaminées, de les surveiller et, lorsqu’elles développent des symptômes, de procéder rapidement aux prélèvements nécessaires", a-t-il dit.

Il a également précisé que les contacts à haut risque font l’objet d’un suivi renforcé, notamment les membres de la famille des patients. L’objectif du gouvernement est d’atteindre 90 % de couverture du traçage afin de mieux anticiper l’évolution de l’épidémie.

"Une épouse qui a assisté son mari malade, un mari qui a pris soin de son épouse malade, une mère qui s’est occupée de son enfant malade ou inversement ces personnes sont considérées comme des contacts à très haut risque et font l'objet d'une surveillance particulière. Nous sommes donc à 55% de couverture du tracing et notre objectif est d'atteindre 90%. À ce niveau, nous serions capables d’identifier pratiquement tous les contacts et de savoir avec précision où de nouveaux cas pourraient apparaître. Ce sont des progrès majeurs que nous enregistrons aujourd’hui tant dans le tracing que dans le testing". 

En date du 15 mai 2026, une épidémie d’Ebola a été confirmée dans la province de l’Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo, avant de s’étendre aux provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré cette épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale. Il s’agit d’une souche rare du virus pour laquelle il n’existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique.

Cette épidémie de maladie à virus Ebola, la 17ᵉ de l’histoire sanitaire de la RDC, intervient dans une région déjà fragile. La grave situation humanitaire dans l’Est du pays, où plus de 26 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, accroît davantage leur vulnérabilité. La malnutrition, les déplacements de populations et la fragilité des services de santé contribuent à un risque élevé d’infection et de mortalité.

À cela s’ajoutent l’activisme des groupes armés locaux et étrangers ainsi que les opérations militaires entre les forces gouvernementales et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, qui aggravent la vulnérabilité des populations de cette partie du pays, dans un contexte marqué par le statu quo des initiatives diplomatiques pilotées par les États-Unis d’Amérique et l’État du Qatar

Clément MUAMBA