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RDC-Beni : l’Ongd Badilika documente près de 200 civils tués en trois mois 

Des corps des victimes après l'attaque des ADF à Ngadi

La situation sécuritaire demeure extrêmement préoccupante dans la province du Nord-Kivu, d’après un rapport publié la semaine dernière par l'organisation non gouvernementale Badilika qui dresse un tableau alarmant des violences enregistrées entre avril et juin 2026 dans les territoires de Beni, Rutshuru, Masisi et Walikale.

Selon ce document, près de 200 civils, victimes des attaques des différents groupes armés, ont perdu la vie au cours de cette période. L'organisation estime que les opérations militaires en cours peinent encore à garantir une protection efficace des populations civiles.

Le territoire de Beni reste l'épicentre de cette insécurité. D'après Patrick Nguka, responsable de Badilika, 199 civils y ont été tués en seulement trois mois, principalement lors des incursions des ADF, malgré la poursuite des opérations conjointes Shujaa menées par les FARDC et l'armée ougandaise.

"Les attaques des ADF se sont intensifiées malgré les opérations militaires conjointes Shujaa", déplore Patrick Nguka, qui appelle à une réévaluation des stratégies de sécurisation afin de mieux protéger les habitants.

Le rapport fait également état de nombreuses violations des droits humains dans d'autres territoires de la province. À Rutshuru, des jeunes seraient arrêtés par les éléments de l'AFC/M23, souvent accusés d'appartenir aux FDLR. L'ONG évoque des arrestations jugées arbitraires et des cas de traque ciblée.

À Masisi et Walikale, certaines factions des groupes d'autodéfense Wazalendo sont mises en cause pour des actes de pillage, des enlèvements ainsi que des détentions illégales, aggravant davantage les souffrances des populations déjà affectées par le conflit.

Par ailleurs, les affrontements récurrents autour de Rubaya, importante cité minière du territoire de Masisi, continuent d'opposer les rebelles de l'AFC/M23, les FARDC et plusieurs groupes armés locaux. Cette instabilité perturbe fortement les activités économiques et accentue la crise humanitaire dans cette partie du Nord-Kivu.

À travers ce rapport, Badilika appelle les autorités congolaises et leurs partenaires à renforcer les mécanismes de protection des civils et à privilégier des réponses sécuritaires plus efficaces face à la persistance des violences dans l'est de la République démocratique du Congo.

 


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