Ebola : Kinshasa et l'OMS réaffirment la nécessité de préserver les services essentiels de santé tout en consolidant durablement la résilience du système sanitaire

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Roger Kamba, Patrick Muyaya et Tedros Ghebreyesus

À la suite de la mission conjointe effectuée à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, sous la conduite de Samuel Roger Kamba, ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, et de Patrick Muyaya, ministre de la Communication et Médias, ainsi que de la visite du Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé, le gouvernement de la République démocratique du Congo et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ont publié, ce dimanche 31 mai, une déclaration conjointe à la suite en lien avec l'épidémie de maladie à virus Ebola causée par le virus Bundibugyo. 

Cette 17e épidémie affecte plusieurs zones sanitaires des provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans l’Est de la RDC.

Cette déclaration, signée en marge du séjour en RDC du Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, met en avant une approche intégrée de la riposte, combinant le contrôle de l’épidémie et le maintien des services essentiels de santé. Tout en se projetant vers l’avenir, elle insiste sur le fait que les interventions d’urgence doivent être conçues de manière à renforcer durablement la résilience du système de santé, notamment à travers les investissements dans les laboratoires, les ressources humaines, la surveillance épidémiologique et les soins de santé primaires.

"Les deux parties soulignent que la riposte à l'épidémie doit également assurer la continuité des soins de santé primaires et des services essentiels, tout en contribuant au renforcement durable de la résilience du système de santé. Les investissements consentis aujourd'hui dans les laboratoires, les ressources humaines pour la santé, les systèmes de surveillance et les services essentiels laisseront un héritage durable au bénéfice des populations de l'Ituri et de l'ensemble de la RDC. Nous exprimons notre profonde gratitude à l'ensemble des partenaires internationaux pour le soutien déjà apporté aux opérations de riposte et encourageons la poursuite de cette solidarité afin de maîtriser rapidement cette épidémie", dit le communiqué final.

D'après ce document parvenu à ACTUALITE.CD, le communiqué conjoint rappelle que la coopération entre les États doit également permettre de maintenir les frontières ouvertes et de veiller à ce que les mesures de contrôle aux points d'entrée ne compromettent ni l'acheminement des fournitures médicales essentielles ni le déploiement du personnel de santé et de riposte.

"Ensemble, le Gouvernement de la RDC, I'OMS, Africa CDC, le système des Nations Unies et l'ensemble des partenaires réaffirment leur détermination à travailler de manière coordonnée, solidaire et résolue afin de protéger les populations, d'interrompre la transmission du virus et de renforcer durablement la sécurité sanitaire dans la région", ajoute le communiqué conjoint.

Pendant cette épidémie, et à l’occasion de son récent séjour à Kampala, en Ouganda, le ministre congolais de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, avait assuré que les fonds mobilisés pour la riposte contre Ebola seront utilisés de manière plus efficace. Il avait rappelé que l’épidémie survenue entre 2018 et 2020 avait mobilisé près de 1,2 milliard de dollars américains, sans pour autant permettre un renforcement durable des systèmes de santé dans les zones affectées.

"En 2018-2020, l'épidémie avait coûté à cette époque-là 1,2 milliard de dollars. Derrière, le système est resté toujours fragile, même pas un laboratoire construit alors que nous avons dépensé 1,2 milliard de dollars", a déploré le ministre lors d'une conférence tripartite organisée par l'OMS et Africa CDC, en présence des ministres de la Santé de l'Ouganda et du Soudan du Sud.

"Nous espérons qu'à chaque épidémie, nous allons renforcer notre système de santé, que chaque investissement soit efficace, pour que derrière les pays soient plus sûrs grâce aux systèmes bien renforcés", a-t-il ajouté avant de plaider pour une coordination unifiée de la réponse : "Il est important d'avoir un seul plan, une seule coordination et un seul budget."

Cette déclaration intervient alors que l'OMS et Africa CDC ont lancé un appel à la mobilisation de 319,97 millions de dollars pour financer la réponse à l'épidémie d'Ebola Bundibugyo qui touche désormais trois provinces de la RDC ainsi que l'Ouganda. L’OMS a déclaré cette épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale. Il s’agit d’une souche rare du virus pour laquelle il n’existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique.

Les conflits, les importants mouvements de population ainsi que la faiblesse du contrôle gouvernemental rendent difficiles le traçage des contacts et les efforts de riposte, tout en augmentant le risque de propagation à d’autres régions du pays et aux pays voisins. La grave situation humanitaire dans la région, où plus de 26 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, accroît davantage leur vulnérabilité. La malnutrition, les déplacements de population et la fragilité des services de santé contribuent à un risque élevé d’infection et de mortalité.

Clément MUAMBA