Ebola Bundibugyo : Muyembe explique les guérisons et met en garde contre une mauvaise lecture

Photo d'illustration/droits tiers

Des patients atteints de la maladie à virus Ebola souche Bundibugyo ont été officiellement déclarés guéris et libérés à Bunia, une annonce saluée comme un signe d'espoir mais que le professeur Jean-Jacques Muyembe, directeur général de l'INRB, invite à ne pas surinterpréter. « Ce n'est pas un événement extraordinaire », a-t-il déclaré dimanche lors du live Space organisé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala.

Le virologue a rappelé que la souche Bundibugyo est « relativement moins létale » que la souche Zaïre, et que des guérisons spontanées ont été observées lors de toutes les épidémies d'Ebola, y compris en Afrique de l'Ouest entre 2013 et 2016 où des milliers de survivants ont été recensés. 

Ces patients guéris ont bénéficié de soins standards, réhydratation, traitement des symptômes, prise en charge d'urgence, que le professeur Muyembe présente comme le facteur décisif, en l'absence de traitement spécifique homologué contre cette souche. « C'est d'ailleurs ce qui explique pourquoi la mortalité baisse lorsqu'un malade est pris en charge en Europe ou aux États-Unis », a-t-il ajouté.

Le scientifique a toutefois mis en garde contre un effet pervers de cette communication positive. Si les populations retiennent que l'on peut guérir spontanément d'Ebola, elles pourraient être tentées de garder leurs malades à domicile plutôt que de les conduire dans les structures de soins, aggravant ainsi les risques de transmission. « C'est un couteau à double tranchant », a-t-il averti. 

Quant au caractère reproductible de ces guérisons pour les patients actuellement en isolement, le professeur Muyembe s'est montré prudent : « Cela dépend de la capacité de chaque individu à résister à l'invasion du virus. »