À l’occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, célébrée chaque 23 avril, le Grand Tambour et Biblio Librairie ont organisé une journée culturelle baptisée “Livres et Libertés” au Centre culturel et artistique pour les pays de l’Afrique Centrale. Une initiative visant à promouvoir les initiatives culturelles du centre, notamment la lecture, à encourager la créativité et l’expression écrite, mais également, à sensibiliser le public à l’importance du droit d’auteur.
Prenant parole à l’ouverture, Balufu Bakupa-Kanyinda, directeur général du centre, a insisté sur la place centrale du livre dans la société, le décrivant comme un outil de savoir, mais aussi de liberté.
« Le livre est une matière très spéciale, c’est un compagnon, un outil de savoir que vous devez toujours avoir près de vous. Écrire n’est jamais un acte neutre. C’est un acte de présence, un acte de résistance, un acte de mémoire », a-t-il déclaré.
Rappelant l’héritage des écrivains congolais, il a exhorté les jeunes à s’approprier leur histoire. « Le monde attend que le Congo raconte le Congo », a-t-il ajouté.
L’événement a rassemblé de nombreux élèves, venus en uniforme de classe, ainsi que des auteurs, écrivains et passionnés de lecture. Invités à s’exprimer, plusieurs jeunes ont partagé leur rapport au livre. « Les livres me permettent de voyager sans visa ni passeport », a confié un élève.
Une autre participante a mis en avant l’impact de la lecture sur l’expression personnelle. « Lire permet d’apprendre de nouveaux mots, de mieux s’exprimer et de développer l’éloquence », a-t-elle expliqué.
D’autres encore ont insisté sur la capacité du livre à stimuler l’imagination et à élargir les connaissances, notamment sur les cultures et l’économie du monde. Plusieurs auteurs ont également pris la parole pour présenter leurs œuvres et partager leurs expériences.
Une jeune auteure a évoqué son ouvrage centré sur la prise de parole et l’affirmation de soi. « Parler ou disparaître, c’est un appel à oser s’exprimer et à révéler son potentiel », a-t-elle expliqué.
Une autre intervenante a abordé des questions sensibles liées aux violences sexuelles. « J’ai voulu offrir une porte de sortie aux victimes et aborder des réalités souvent ignorées », a-t-elle déclaré.
Moment clé de la journée, l’intervention de Joe Mondonga Moyama, expert en droit d’auteur, qui a mis en lumière les défis auxquels font face les créateurs en République démocratique du Congo.
« Les artistes doivent connaître leurs droits et déclarer leurs œuvres pour se protéger. Nous avons un sérieux problème de piraterie et de non-respect des droits des auteurs », a-t-il insisté.
L’expert a également clarifié la différence entre dépôt légal et protection des œuvres, soulignant que la reconnaissance officielle ne suffit pas sans une démarche juridique appropriée.
Rachel Mulowayi, stagiaire UCC