La détérioration de la situation sécuritaire dans plusieurs zones du territoire de Walikale, au Nord-Kivu, entraîne des conséquences humanitaires de plus en plus préoccupantes. Des milliers de civils fuient les violences dans les zones occupées par les rebelles de l'AFC/M23, tandis que ceux qui restent vivent dans des conditions extrêmement précaires.
Face à l’insécurité persistante, de nombreuses familles ont été contraintes d’abandonner leurs habitations pour se réfugier dans des localités perçues comme relativement sécurisées. Parmi les principales zones d’accueil figurent Pinga, Walikale-centre, Goma, Kanyabayonga, Butembo, Lubero et Beni.
Cependant, tous n’ont pas les moyens de fuir. Une partie de la population vit cachée dans la brousse, exposée aux intempéries, à la faim et aux maladies.
« Nous passons des nuits entières dans la forêt avec les enfants. Nous n’avons ni nourriture ni médicaments. Chaque bruit nous fait peur », confie à ACTUALITE.CD une mère de famille déplacée.
Des témoignages concordants font état de graves violations des droits humains. Plusieurs civils auraient été blessés par balles, d’autres seraient morts en détention dans des circonstances encore floues. La situation a également provoqué l’éclatement de nombreuses familles.
Plus de 170 hommes auraient quitté leurs foyers pour échapper aux arrestations ou aux représailles, laissant femmes et enfants dans une extrême vulnérabilité.
« Mon mari est parti il y a deux semaines. Depuis, je suis seule avec cinq enfants. Je ne sais même pas s’il est encore en vie », raconte une habitante de Kalonge.
Sur le plan humanitaire, les chiffres témoignent de l’ampleur de la crise. Plus de 11 600 ménages déplacés et plus de 4 000 ménages retournés ont été recensés dans le territoire de Walikale, sans bénéficier d’une assistance significative à ce jour.
Selon des défenseurs des droits humains, appuyés par des sources humanitaires, la situation nécessite une réponse urgente et coordonnée.
« Les besoins sont immenses : abris, nourriture, soins médicaux. Mais jusqu’à présent, l’aide reste insuffisante face à l’ampleur de la crise », alertent-ils.
Face à cette situation critique, les populations affectées lancent un appel urgent aux autorités congolaises ainsi qu’à la communauté internationale. Elles réclament une intervention rapide pour garantir la sécurité des civils, une assistance humanitaire adéquate et l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur les exactions rapportées.
« Nous ne demandons qu’une chose : vivre en paix et être protégés. La vie humaine doit passer avant tout », insiste un chef local.
Cette crise met en lumière l’urgence d’une mobilisation accrue pour éviter une aggravation de la catastrophe humanitaire dans cette partie du Nord-Kivu.