Criminalité dans les villes de la RDC : une réunion interinstitutionnelle décide de sanctionner des éléments FARDC et de la police vecteurs de la prolifération des armes légères

Les armes dans un camp militaire dans le territoire de Beni
Les armes dans un camp militaire dans le territoire de Beni

Les ministres de l’intérieur et sécurité, de la justice et garde des Sceaux ainsi que celui de la Défense nationale, se sont réunis mardi avec les représentants du Conseil supérieur de la magistrature et de la Commission nationale de contrôle des armes légères et des petits calibres (CNC-APLC) pour évaluer la criminalité croissante qui bat son plein dans le différentes villes de la RDC. 

Dans leurs discussions, ces personnalités ont réussi à identifier «les causes profondes» de la recrudescence de la criminalité impliquant les hommes en uniforme dans les milieux urbains, dont la ville de Kinshasa. 

Parmi ces causes, renseigne un communiqué du ministère de l’intérieur et sécurité consulté par ACTUALITÉ.CD, figurent le déficit de discipline et de commandement dans certaines unités, la prolifération des armes légères, l’insuffisance de mécanismes de contrôle interne et de sanctions. 

Pour freiner la montée de ce fléau favorisé par la collaboration de certains éléments militaires et policiers, la réunion a défini un train de mesures, dont  l'instruction au Chef d’Etat-Major Général des FARDC ainsi qu’au Commissaire Général de la Police Nationale Congolaise afin de sanctionner, chacun en ce qui le concerne, les éléments auteurs ou vecteurs de la prolifération des armes légères qui est à l’origine de cette nouvelle forme de criminalité urbaine.

Stoppées il y a plusieurs mois alors qu'elles avaient pu dissuader le banditisme notamment à Kinshasa, la réunion a aussi pris la mesure d'intensifier des audiences foraines «reconnues pour leur effet dissuasif et pédagogique». En outre, ces autorités ont trouvé impérieux de procéder au lancement de l'opération de contrôle dite « lutte contre la détention illicite des armes» afin de lutter contre la circulation illicite des armes légères et de petit calibre avec le concours de la CNC-ALPC appuyée par la Police Militaire. 

La dépêche ajoute que la mise sur pied d'une cellule de suivi: Ministère de l'Intérieur-Ministère de la Défense - Ministère de la Justice Conseil Supérieur de la Magistrature afin d'assurer le monitoring tout au long de la chaîne pénale a été par ailleurs une des mesures sur la liste des celles présentés comme devant arrêter l’hémorragie.

En août 2025, le capitaine de la police Junior Mboso annonçait sa démission à travers une vidéo virale sur les réseaux sociaux, dans laquelle il disait être agacé par la collusion entre des officiers de la police et des réseaux criminels, responsables de l’insécurité inquiétante et multiforme qui menace la vie à Kinshasa. Ce fils de Christophe Mboso, deuxième vice-président de l’Assemblée nationale, dénonçait une «police minée par la corruption, l’inefficacité et des complicités avec les criminels ».

L’opération Ndobo ou le fiasco d'une initiative abandonnée? 

Lancée fin 2024, l’opération Ndobo ( hameçon) à laquelle les Kinois avaient particulièrement placé leur espoir de voir la situation redevenir à la normale, est visiblement en veilleuse. Des audiences foraines, tenues en public et diffusées sous le règne de l’ex-ministre de la justice Constant Mutamba, n’ont plus lieu. Des braquages ont repris surface et s’opèrent en plein jour par des bandits à moto, d’autres à proximité des bureaux de la police sans aucune intervention. 

Samyr LUKOMBO