RDC: le Comité des Anciens du CHESD appelle à une mobilisation stratégique nationale face à la crise sécuritaire persistante dans l’est

Photo d'illustration
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Le Collège des Hautes Études de Stratégie et de Défense (CHESD) a servi de cadre, jeudi 19 mars à Kinshasa, à une journée scientifique consacrée à la situation sécuritaire persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo. L’initiative est portée par le Comité des Anciens du CHESD (CAC-CHESD) et a réuni anciens auditeurs civils et militaires, experts et invités autour des pistes de sortie de crise.

Organisée dans l’amphithéâtre Tshanzu du CHESD, la rencontre s’est tenue sous le thème : « Défis sécuritaires et résolution de la crise persistante dans l’Est de la RDC : une approche multidimensionnelle pour une paix durable ».

Dans son mot d’accueil, la représentante du CHESD a salué la tenue de cette journée scientifique qu’elle  considère comme un espace stratégique de réflexion sur les défis sécuritaires du pays.

« C’est avec une immense joie que nous vous recevons dans ce haut cadre principalement militaire du CHESD pour réfléchir et trouver une feuille de route, en tant que stratèges capables de prendre le taureau par les cornes face à une situation sécuritaire déplorable à l’Est du pays qui perdure depuis plusieurs décennies », a-t-elle déclaré.

Elle a rappelé l’ampleur de la crise humanitaire qui frappe cette partie du territoire national, marquée par des violences récurrentes contre les populations civiles.

« L’insécurité à l’Est, les tueries à grande échelle, plus de 14 millions de morts, les viols, les violences de tout bord et les pillages des ressources naturelles constituent un chaos qui ne dit pas son nom. Cette situation freine également tous les efforts de développement socio-économique du pays. Il faut que cela s’arrête. Sous d’autres cieux, la proximité entre l’intelligentsia nationale et le pouvoir public constitue un véritable levier de développement et un canal efficace pour la recherche de solutions aux problèmes d’une nation. »

Selon elle, cette dynamique d’échanges vise à permettre aux experts et aux anciens auditeurs du CHESD de contribuer activement à la réflexion nationale sur les enjeux de paix, de sécurité et de cohésion sociale en République démocratique du Congo.

Le rôle de la réflexion stratégique

Prenant la parole, le général Mamba a salué l’initiative du Comité des Anciens du CHESD, estimant que ce type de rencontres contribue à maintenir une dynamique de réflexion stratégique autour des enjeux nationaux.

Il a rappelé que cette activité s’inscrit dans la continuité des échanges scientifiques régulièrement organisés au sein du collège.

Le général a notamment évoqué un atelier récemment organisé dans la même salle, réunissant les anciens du CHESD et ceux du Centre d’Études Stratégiques de l’Afrique (CESAR) de l’Université de la Défense des États-Unis.

Cet atelier portait sur le thème : « Les minerais stratégiques et la sécurité dans le bassin du Congo », dans un contexte marqué par les discussions internationales sur les questions de sécurité et de coopération économique dans la région.

« Il arrive que certaines personnes se demandent ce que fait le CHESD alors que la guerre se poursuit à l’Est du pays. Ce type de rencontre montre que les anciens auditeurs continuent à contribuer à la réflexion à travers la formation, l’analyse et les échanges sur les questions stratégiques », a déclaré le général Mamba.

Il a toutefois souligné que la résolution du conflit dans l’Est de la RDC ne relève pas uniquement des institutions académiques, mais nécessite l’implication de plusieurs acteurs et mécanismes.

Plaidoyer pour la protection des femmes

La journée scientifique a également été marquée par un message de solidarité à l’endroit des femmes victimes des violences liées aux conflits armés dans l’Est du pays, dans le contexte de la célébration du mois dédié aux droits des femmes. 

« Ce mois de mars est dédié à la femme à travers le monde. En tant que femmes et mères porteuses de vie, nous ne pouvons rester silencieuses face aux souffrances des femmes victimes de violences dans les zones de conflit », ont déclaré les intervenants.

Les participants ont notamment évoqué le sort des femmes violées dans les zones de conflit, certaines étant contraintes de porter des grossesses issues de ces violences.

Ils ont également appelé au renforcement des mécanismes de protection des populations civiles, en particulier des femmes et des personnes déplacées.

Un message de sensibilisation a enfin été adressé aux femmes de la République démocratique du Congo afin de renforcer la solidarité entre elles, notamment envers les femmes en situation de veuvage.

La journée scientifique s’est poursuivie avec des échanges et contributions des participants autour des pistes susceptibles de contribuer à la stabilisation durable de l’Est de la République démocratique du Congo.

Nancy Clémence Tshimueneka