Éducation nationale : Judith Suminwa enjoint le gouvernement à lui soumettre un plan détaillé d’opérationnalisation des cantines scolaires

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Illustration/Photo ACTUALITE.CD

La Première Ministre Judith Suminwa Tuluka, à la suite du lancement officiel du Programme National des Cantines Scolaires à Kalemie, chef-lieu de la province du Tanganyika, a rappelé aux membres du gouvernement la nécessité d’investir dans l’alimentation scolaire. S’exprimant lors de la 81ᵉ réunion du Conseil des ministres, la cheffe du gouvernement a affirmé qu’investir dans ce secteur constitue un levier stratégique pour le capital humain et le développement durable en République démocratique du Congo.

Ce lancement s’est déroulé à l’occasion de la Journée africaine de l’alimentation scolaire, sous les thèmes : « Garantir l’accès à des repas nutritifs, à l’eau potable et à l’hygiène » et « Promouvoir la sécurité et la résilience dans chaque investissement pour les repas scolaires ». La Première Ministre a précisé que le choix de Kalemie traduit la conviction profonde du gouvernement selon laquelle le développement doit s’enraciner dans l’ensemble des territoires de la République démocratique du Congo.

"Cette initiative s’inscrit pleinement dans la mise en œuvre de la Stratégie nationale d’alimentation scolaire 2025-2030, élaborée par le gouvernement, qui constitue la feuille de route nationale visant à structurer un système durable d’alimentation scolaire au service de la nutrition des élèves, de la réussite éducative et du renforcement du capital humain", a-t-elle précisé dans le compte rendu de la réunion.

À titre d’illustration, la cheffe du gouvernement, Judith Suminwa, a rappelé qu’à l’école Kifungo, où la cantine scolaire fonctionne depuis 2009, les résultats sont éloquents : l’effectif des élèves est passé de 260 à près de 600 ; le taux de réussite oscille entre 80 % et 90 % ; la rétention scolaire atteint 60 % ; et le taux d’abandon a été réduit de 6 % à seulement 0,5 %.

"Ces succès reposent sur une collaboration exemplaire : le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Agence française de développement (AFD) assurent l’acheminement des vivres, tandis que les communautés locales participent activement à la manutention et à la production, via des champs communautaires dédiés aux légumineuses et aux céréales. Ces soutiens gratuits et durables favorisent l’appropriation locale du programme", a-t-elle fait remarquer dans son intervention reprise dans le compte rendu de la réunion.

Toutefois, la Première ministre, Judith Suminwa, a souligné qu’elle reste consciente des défis persistants, notamment au niveau logistique et du faible taux de couverture des cantines scolaires à l’échelle nationale, qui n’atteint qu’environ 8 %, illustrant l’ampleur du chemin à parcourir. À cet effet, les ministres sectoriels concernés ont été instruits, en collaboration avec les ministres en charge du Budget et des Finances, de travailler en synergie, de manière coordonnée et harmonisée, afin de doter ce programme d’une vision holistique et durable.

"Dans cette perspective, la Première ministre a demandé qu’il lui soit soumis, dans un délai de 30 jours, un plan détaillé d’opérationnalisation des cantines scolaires, précisant les mécanismes de mise en œuvre, les modalités de financement, les dispositifs de suivi et d’évaluation, ainsi que le calendrier", a recommandé au gouvernement Judith Suminwa Tuluka.

Après la gratuité de l’enseignement comme première étape, la RDC franchit un nouveau cap avec les cantines scolaires, considérées comme un investissement stratégique dans le capital humain et le développement national. Reposant sur la Stratégie nationale de l’alimentation scolaire 2025-2030, ce programme s’articule autour de trois piliers : la souveraineté alimentaire via l’agriculture locale, la protection sanitaire des élèves et la pérennité du système, afin d’assurer, à l’horizon 2030, un accès équitable à l’alimentation scolaire sur l’ensemble du territoire national.

Avant de s’étendre à tout le pays, le programme cible, dans un premier temps, 164 écoles situées dans les provinces du Tanganyika, de la Lomami, du Kasaï-Central et du Kasaï-Oriental, pour l’année scolaire 2024-2025. Le menu type prévoit des céréales, des légumineuses, de l’huile végétale et du sel, complétés par les récoltes issues des jardins et champs communautaires.

En matière d’approche, le programme privilégie une démarche communautaire : chaque école dispose d’un COPA (Comité de parents d’élèves) et d’un comité de gestion composé d’enseignants, de parents et d’élèves. À travers ce projet, le gouvernement central entend garantir l’accès aux services sociaux de base, conformément au quatrième pilier du Programme d’action du gouvernement 2024-2028, qui met en avant le renforcement du capital humain.

Clément MUAMBA