Le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a pris part, samedi 21 février 2026, dans la Salle des Congrès du Palais du Peuple à Kinshasa, à la clôture d’un cycle de formation marquant l’entrée solennelle de 2 500 nouveaux magistrats dans le corps judiciaire de la République démocratique du Congo. Pour le Garde des Sceaux, il s’agit d’une étape structurante dans le renforcement de l’État de droit.
Cette session intensive, d’une durée de trois mois et organisée à Kinshasa et Lubumbashi (Haut Katanga), avait pour objectif de renforcer l’efficacité, l’éthique, la compétence et la déontologie des magistrats avant leur déploiement dans les différentes juridictions du pays. Cette promotion complète une première cohorte de 2 500 magistrats, déjà en fonction depuis 2023, tous issus du même concours national d’octobre 2022, et baptisée "État de droit".
"Dans l’exercice de vos fonctions, vous serez appelés à statuer sur la liberté, les droits, les biens et l’honneur des justiciables. Ces pouvoirs ne vous appartiennent pas. Ils vous sont délégués par la nation, dans les limites fixées par la Constitution et les lois de la République. Le magistrat n’est ni l’instrument des puissants, ni l’otage de l’émotion, ni le prisonnier de ses convictions personnelles. Il est le serviteur impartial de la loi, tenu à une stricte neutralité et à une égale distance des parties. La loi organique n° 06/020 portant statut des magistrats, telle que modifiée, fixe sans ambiguïté les principes directeurs de votre fonction : l’intégrité, la probité, l’impartialité et l’indépendance", a déclaré le ministre Guillaume Ngefa.
Pour lui, l’intégrité et la probité ne relèvent pas de la seule vertu privée. Elles constituent une exigence fondamentale, car elles conditionnent la confiance du justiciable. Selon lui, l’indépendance, enfin, n’est ni une immunité ni un privilège : elle est une garantie institutionnelle offerte aux citoyens contre toute forme d’arbitraire.
"Vous serez confrontés à des pressions, à des tentatives d’influence, parfois à des menaces voire physique, voire à des séductions. Ces épreuves font partie de la réalité judiciaire. Elles ne sauraient toutefois justifier le renoncement aux principes qui fondent votre serment. La lutte contre la corruption, contre les trafics d’influence et contre la lenteur injustifiée de la procédure constituent aujourd’hui une obligation déontologique, mais aussi une exigence de performance institutionnelle. Votre promotion s’inscrit également dans une dynamique de modernisation de la justice", a fait savoir Guillaume Ngefa.
Par ailleurs, le Garde des Sceaux congolais, Guillaume Ngefa, a rappelé que la transformation numérique, la rationalisation des procédures, la célérité du traitement des affaires et la transparence des décisions ne sont plus des options. Selon lui, elles sont devenues de véritables impératifs de la gouvernance judiciaire.
Pour Guillaume Ngefa, il leur appartient d’être non seulement des praticiens du droit, mais aussi des acteurs de cette mutation, à travers leur rigueur méthodologique, la qualité de leurs décisions et le respect scrupuleux des délais légaux.
"L’affectation prochaine de ces 2 500 magistrats permettra de répondre de manière concrète aux défis criants du personnel judiciaire observés dans plusieurs juridictions du pays, y compris sur le terrain. Le gouvernement, à travers le ministère de la Justice, demeurera un partenaire institutionnel constant pour accompagner cette montée en puissance et garantir les conditions matérielles et organisationnelles de l'exercice de vos fonctions. En avril 2025, lors de l’ouverture de l’Assemblée générale du Conseil supérieur de la magistrature, le Chef de l’État vous avait rappelé une exigence fondamentale : bâtir une justice digne de la nation, protectrice des droits fondamentaux, ferme face aux violations et capable de répondre aux attentes légitimes du peuple. Cette exigence est désormais la vôtre", a-t-il fait remarquer dans son discours.
Le Conseil supérieur de la magistrature est un organe de gestion du pouvoir judiciaire. Il élabore les propositions de nomination, de promotion et de révocation des magistrats, exerce le pouvoir disciplinaire sur ceux-ci et donne ses avis en matière de recours en grâce. L’organisation et le fonctionnement du Conseil sont régis par la loi organique du 5 août 2008.
La Constitution du 18 février 2006 dispose que le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif. Cette disposition constitue une garantie de la séparation des pouvoirs, principe fondamental dans une société démocratique. Ce principe s’accompagne de mécanismes constitutionnels permettant d’équilibrer l’exercice de chaque pouvoir. La mise en œuvre de ce principe est assurée par le Conseil supérieur de la magistrature.
Clément MUAMBA