16 janvier : regard analytique sur le rôle politique des femmes sous Laurent-Désiré Kabila

Laurent-Désiré Kabila/Ph. Droit tiers

À l’occasion de la commémoration, ce 16 janvier, de l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila, le DeskFemme d’Actualite.cd s’est penché sur la place des femmes dans la sphère politique durant son règne, de 1997 à 2001.

Pour éclairer cette problématique, nous nous sommes entretenu avec l’analyste politique Emery Osthinga, qui propose une lecture contextualisée de l’engagement féminin au sein de l’appareil d’État et des structures politiques de l’époque.

« Le régime de Laurent-Désiré Kabila s’inscrivait dans une phase de transition profonde. L’État sortait d’un long cycle politique et devait être reconstruit dans un contexte marqué par les conflits, les pressions extérieures et une réorganisation institutionnelle », explique-t-il.

C’est dans ce cadre que s’est déployée la participation politique des femmes, poursuit-il.

« Leur présence s’est traduite par l’exercice de responsabilités ministérielles, administratives et politiques, souvent en lien avec les priorités sociales du moment. Plusieurs femmes ont occupé des fonctions publiques, notamment dans les secteurs sociaux. Des personnalités comme Jeanne Ebamba Boboto ont ainsi dirigé des portefeuilles liés aux affaires sociales et à la famille, des domaines essentiels pour la stabilisation sociale et le maintien du lien entre l’État et la population », analyse l’expert.

Pour Emery Osthinga, ces fonctions doivent être appréhendées comme de véritables leviers politiques.

« Dans un pays fragilisé par la guerre et les ruptures institutionnelles, la gestion du social relevait pleinement de l’action politique. Par ailleurs, des femmes ont participé aux structures politiques issues de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), contribuant à la mobilisation, à l’encadrement administratif des territoires et à l’installation des autorités locales après 1997 », précise-t-il.

Il rappelle toutefois que cette période n’a pas été marquée par une politique formalisée de promotion du genre. La représentation féminine demeurait limitée, en grande partie en raison du contexte sécuritaire et institutionnel.

Pour autant, Emery Osthinga invite à une lecture nuancée de cette séquence historique.

« Il est nécessaire d’analyser cette période à partir de ses réalités propres. Les bases d’une participation féminine plus structurée se sont mises en place de manière progressive », conclut-il.

Laurent-Désiré Kabila (1939–2001) a dirigé la République démocratique du Congo de 1997 à 2001. Ancien maquisard, il prend le pouvoir à la tête de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), mettant fin au régime de Mobutu et amorçant une phase de refondation de l’État. Son mandat, marqué par des enjeux sécuritaires et institutionnels, s’est terminé tragiquement avec son assassinat le 16 janvier 2001 à Kinshasa.

Nancy Clémence Tshimueneka