Human Rights Watch (HRW), en collaboration avec l’organisation congolaise de défense des droits des femmes Solidarité féminine pour la paix et le développement intégral (SOFEPADI), a publié le lundi 12 janvier 2026, un rapport sur l’intensification des violences sexuelles liées au conflit dans l’est de la République démocratique du Congo. Le document met en lumière une augmentation massive des viols commis par des groupes armés, mais aussi par des éléments de l’armée congolaise, dans un contexte d’impunité persistante et d’effondrement du système de prise en charge des survivantes.
Le rapport, basé sur des entretiens menés entre novembre 2025 et janvier 2026 avec des survivantes, des autorités sanitaires et judiciaires, ainsi que des organisations humanitaires, documente des violences sexuelles utilisées comme arme de guerre dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Selon les données du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), plus de 80 000 cas de viol ont été recensés dans l’est du pays entre janvier et septembre 2025, soit une hausse de 32 % par rapport à l’année précédente. Parallèlement, les coupes soudaines de l’aide internationale, notamment américaine, ont entraîné la fermeture de nombreux centres de soins et une pénurie critique de traitements essentiels, dont les kits de prophylaxie post-exposition (PEP).
Human Rights Watch souligne que cette combinaison de violences accrues, de retrait des financements et d’accès limité à la justice plonge les femmes et les filles survivantes dans une situation d’extrême vulnérabilité. Le rapport appelle les autorités congolaises et les partenaires internationaux à agir de toute urgence.
Nancy Clémence Tshimueneka